Ibrahim Gambari, chef de la mission internationale sur le Darfour, a appelé les derniers rebelles à rejoindre le processus de paix, avertissant lors d'un entretien à l'AFP qu'il leur restait peu de temps, alors que certains s'allient contre le régime de Khartoum.
"Cela semble désormais compliqué.Si on veut rejoindre le processus de paix et qu'au même moment on est en train de s'allier pour poursuivre le conflit, ça ne nous aide pas beaucoup", a déclaré Ibrahim Gambari.
"Nous sommes toujours prêts à recevoir les mouvements qui veulent rejoindre le processus de paix.La porte n'est pas complètement close, mais elle est en train de se refermer", a-t-il poursuivi.
Il a ajouté que le gouvernement soudanais tentait de mettre en place l'accord de Doha pour la paix au Darfour qu'il a signé en juillet au Qatar avec une coalition de petites factions darfouries rebelles, le Mouvement de libération pour la justice (LJM).
M. Gambari, à la tête de la mission ONU-Union Africaine au Darfour (Minuad), s'exprimait en marge de la première rencontre de la Commission conjointe, institution en charge de la surveillance du cessez-le-feu et de la résolutions des conflits conformément à l'accord de Doha.
Ce pacte est né de négociations menées sous l'égide de l'Union africaine, des Nations unies et de la Ligue arabe pour résoudre le conflit au Darfour qui a fait, selon l'ONU, au moins 300.000 morts --10.000 selon le gouvernement soudanais-- dans des combats entre rebelles non-arabes et le régime de Khartoum, dominé par les Arabes depuis 2003.
Les principaux groupes armés au Darfour, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) et les factions de Armée de libération du Soudan (SLA) dirigées par Minni Minnawi et Abdelwahid Nour n'ont pas signé l'accord de Doha.
En novembre, ils ont ratifié avec la branche nordiste du SPLM, l'ex-rébellion désormais au pouvoir au Soudan du Sud, un document portant sur la création du nouveau Front révolutionnaire soudanais dédié au "soulèvement populaire et à la rébellion armée" contre le Parti national du congrès (NCP) au pouvoir à Khartoum.
Les Etats de la région, le Soudan du Sud, l'Ouganda et le Tchad, ont un rôle "crucial" à jouer, en poussant les groupes rebelles à rejoindre le processus de paix, a estimé M. Gambari.
L'ONU a fait état de 1,9 million de déplacés vivant toujours dans des camps au Darfour, dont 80.000 qui ont fui cette année les combats.
Selon la Minuad, plus de 30 soldats des forces de maintien de la paix ont été tués depuis 2007 au Darfour, dont six au cours de quatre attaques menées depuis juillet.
M. Gambari a qualifié ces attaques de "crimes de guerre", appelant le gouvernement à faire "beaucoup plus" pour lutter contre l'impunité de leurs auteurs.
Dimanche, Bahar Idriss Abou Garda, que le parquet de la Cour pénale internationale (CPI) souhaite inculper pour crimes de guerre au Darfour, a été nommé ministre de la Santé, a rapporté l'agence officielle Suna.Il est soupçonné d'avoir fait exécuter 12 soldats de l'Union africaine chargés de maintenir la paix, alors qu'il dirigeait un groupe rebelle en 2007.
La CPI basée à la Haye a estimé en février 2010 les charges insuffisantes pour instruire un dossier.
Six personnes, dont le président Omar el-Béchir, sont actuellement poursuivies dans le cadre de l'enquête de la CPI sur le génocide au Darfour.
Au total, le nombre de personnes tuées lors des combats a baissé cette année à 300, contre près de 1.300 en 2010, a-t-il ajouté, évoquant également plusieurs victimes des affrontements tribaux.
Le flot des réfugiés et déplacés revenant chez eux est "petit mais régulier", a-t-il par ailleurs précisé.
Il a enfin accusé des "éléments criminels" d'avoir enlevé l'humanitaire italien Francesco Azzara, arrivé à Rome samedi après plus de quatre mois de détention.Cinq ou six ressortissants turcs sont encore aux mains de ravisseurs, a affirmé M. Gambari.
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