La police nigériane a dispersé à coups de matraques et de gaz lacrymogènes des manifestants qui protestaient dans la nuit de mercredi à jeudi à Kano, la plus grande ville du Nord du Nigeria, contre l'augmentation du prix de l'essence, ont affirmé des syndicats.
"Ce matin, à environ 1h15, des policiers appuyés par des vigiles locaux ont tiré des gaz lacrymogènes sur nous et quand nous avons refusé de partir ils nous ont frappés avec des crosses de fusils et des matraques pendant que des cars de police fonçaient dans la foule", a déclaré à l'AFP Audu Bulama, l'un des organisateurs de la manifestation.
M. Bulama a affirmé qu'au moins 300 personnes avaient été blessées au cours de cet affrontement avec la police à Kano et que 19 manifestants avaient été brièvement arrêtés.
La police n'était pas joignable dans l'immédiat pour confirmer cette information, mais un porte-parole de la police a indiqué à une radio locale que la manifestation n'avait pas été autorisée par la police.
"Il y a des procédures à suivre par quelque groupe que ce soit qui veut organiser une manifestation", a déclaré le porte-parole de la police de Kano Magaji Majia, cité par la radio. "Les organisateurs d'une manifestation doivent informer la police par écrit, en indiquant la date, l'heure et le lieu de celle-ci et attendre l'approbation de la police.Tout ce qui ne respecte pas cette procédure est illégal", a-t-il poursuivi.
Plusieurs manifestations contre la hausse des prix de l'essence ont déjà eu lieu lundi et mardi, notamment à Lagos, Abuja et Kano, où elles ont été pour la plupart dispersées par la police.Selon un syndicat, un manifestant a été abattu mardi par la police dans le centre-ouest, ce que la police a démenti.
La suppression des subventions des prix du carburant est très impopulaire au Nigeria, premier producteur de pétrole d'Afrique et pays le plus peuplé du continent avec 160 millions d'habitants dont la majorité vit avec moins de deux dollars par jour.
Annoncée par surprise par le gouvernement le 1er janvier, cette mesure a eu pour conséquence une hausse en flèche des prix à la pompe, le litre d'essence passant dès lundi de 65 nairas (0,30 euro) à au moins 140 naira (0,66 euro).
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