Tunisie: le chef du gouvernement à Davos pour demander un appui et rassurer

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TUNIS (AFP) - (AFP)

Le chef du gouvernement tunisien, l'islamiste Hamadi Jebali, va demander vendredi au Forum économique mondial de Davos en Suisse un appui financier vital pour la transition démocratique, et tenter de ramener les investisseurs en Tunisie, pays déclencheur du "Printemps arabe".

Pour ce premier voyage en Europe depuis sa prise de fonction en décembre, M. Jebali va "présenter la Tunisie en tant que partenaire modèle nécessitant un appui pour la réussite de sa transition démocratique, confrontée à de grands défis socio-économiques", a indiqué Alaya Bettaieb, secrétaire d'Etat en charge de l'investissement.

Selon lui, M. Jebali aura droit à "l'allocution spéciale" habituellement réservée aux chefs d'Etat et s'adressera à un panel sur le thème: "De la révolution à l'évolution, la gouvernance en Afrique du nord".

Il est invité à rencontrer le professeur Klaus Schwab, fondateur du forum de Davos qui réunit des milliers d'hommes d'affaires et décideurs politiques et dont la 42e édition a été inaugurée jeudi par la chancelière allemande Angela Merkel.

Hamadi Jebali, 62 ans, dirige depuis le 23 décembre le gouvernement dominé par son parti islamiste, Ennahda, vainqueur des élections du 23 octobre, après la chute de Ben Ali chassé le 14 janvier 2011 par un soulèvement populaire qui a engendré ensuite le "Printemps arabe".

"Il aura l'occasion d'exposer l'expérience de la Tunisie et d'évoquer l'impact potentiel de son succès pour la paix et la stabilité régionale.Et réaffirmera ses engagements pour l'économie de marché dans le cadre d'un Etat démocratique, moderne et civil", a dit à l'AFP M. Bettaieb.

M. Jebali aura de nombreux contacts avec des firmes internationales, chefs d'entreprises, représentants de gouvernements et bailleurs de fonds pour les "rassurer" et les "convaincre d'investir" dans la Tunisie post-révolution qui sonnait une grave crise économique et sociale.

Quatre semaines après sa prise de fonction, un an après la révolution, le chef du gouvernement a brossé un sombre tableau de l'économie en récession avec taux de croissance négatif (1,8%), 800.000 chômeurs dont un quart de diplômés universitaires, une avalanche de revendications sociales à coup de grèves, sit-in et dérapages sur fond d'activisme des radicaux islamistes.

"Si le gouvernement n'a pas les moyens de répondre rapidement à ces défis, le modèle du +Printemps arabe+ et les espoirs qu'il nourrit se trouveront en danger", a averti M. Bettaieb.

A Davos, M. Jebali mettra en avant "les atouts du pays, ses fondamentaux solides et les garanties de bonne gouvernance" et soulignera "l'intérêt et le besoin d'investir dans la démocratie".

Il s'agira notamment d'intéresser le secteur privé, d'attirer des fonds et de relancer le tourisme, secteur clé de l'économie actuellement dans l'impasse.

Des experts planchent actuellement sur l'amendement du code d'investissement tunisien pour y introduire des garanties de transparence selon les normes de l'OCDE.

Le chef du gouvernement accompagné notamment de son ministre des Affaires étrangères, Rafik Abdessalem, devrait par ailleurs évoquer les obstacles au rapatriement des avoirs bloqués à l'étranger, et notamment en Suisse, du président déchu Ben Ali et sa famille, selon une source gouvernementale.

Il sera également question du retard de décaissement des fonds promis à la Tunisie par le G8 fin mai à Deauville (France), a dit cette source.

Des entretiens avec les fonds d'investissement koweïtien et le Conseil des hommes d'affaires arabes sont également au programme.

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