Mali: Paris dénonce un massacre, l'"exécution sommaire" de 82 soldats dans le nord

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PARIS (AFP) - (AFP)

La France a dénoncé lundi des "exécutions sommaires" perpétrées lors de l'offensive des rebelles touareg dans le nord du Mali depuis la mi-janvier, affirmant que 82 soldats ont été égorgés ou abattus fin janvier dans la ville d'Aguelhok.

"Il y a eu effectivement des violences absolument atroces et inadmissibles à Aguelhok, il y a eu effectivement des exécutions sommaires, des soldats, des personnes - on parle d'une centaine - qui ont été capturées et ont été froidement exécutées", a déclaré le ministre français de la Coopération, Henri de Raincourt, sur Radio France Internationale (RFI).

Selon une source française proche du dossier interrogée par l'AFP, "au total, il y a eu 82 morts exactement, pas de civils".

Le gouvernement français a été informé la semaine dernière, selon la même source qui précise que les exactions ont été perpétrées le 24 janvier, soit le jour où, selon Bamako, la rébellion touareg et des membres d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont attaqué Aguelhok.

Le ministre français de la Coopération n'a pas précisé qui étaient les responsables de ces tueries mais a souligné que "certains prétendent que la méthode utilisée pour l'exécution s'apparente à celle utilisée par Al-Qaïda". Certaines victimes ont été "égorgées", "d'autres (tuées d')une balle dans la tête", "en tout cas des méthodes barbares et expéditives", a déclaré M. de Raincourt, qui était en visite au Mali en fin de semaine dernière.

Aguelhok, à 150 km au nord-est de Kidal dans les montagnes de l'Adrar des Iforhas, a été le théâtre de violents combats qui "ont forcé environ 4.000 personnes à fuir et à s'installer dans les villages environnants, la plupart dans des conditions très précaires", selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Une mission du CICR et de la Croix-Rouge malienne était sur place il y a moins d'une semaine, pour évaluer la situation.Le CICR a distribué des produits de première nécessité aux personnes déplacées, comme du riz, de l'huile et du sel."On continue d'être au Nord du Mali pour répondre aux besoins de la population", a déclaré à l'AFP un porte-parole du CICR.

Interrogé sur la possibilité que l'armée malienne cherche à lancer une contre-offensive avant d'arrêter les combats, le ministre français de la Coopération a estimé que "ce qui est important c'est que les hostilités cessent le plus rapidement possible". "La stratégie des rebelles telle qu'on peut l'analyser et celle des autorités maliennes sont plutôt une stratégie d'évitement.Donc il n'y a pas eu de choc ni de bataille rangée puisque quand les rebelles arrivent dans un camp militaire, l'armée régulière l'a quitté quelques heures ou demi-journées avant", a-t-il ajouté.

Le gouvernement malien avait affirmé que des membres d'Aqmi et des rebelles touareg avaient attaqué ensemble Aguelhok le 24 janvier.

C'était la première fois qu'il était officiellement fait état d'une connexion entre Aqmi et le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA - rébellion), mouvement politico-militaire né fin 2011 de la fusion de groupes rebelles touareg. Paris avait pour sa part indiqué fin janvier n'avoir "aucune indication" sur des liens entre Aqmi et la rébellion touareg dans les combats dans le nord du Mali.

Le Mali est confronté depuis le 17 janvier à des attaques de rebelles touareg contre plusieurs localités et objectifs de l'armée dans sa partie Nord.

Les assauts sont menés par des hommes du MNLA et d'autres rebelles, dont des hommes lourdement armés rentrés de Libye où ils avaient combattu au service de l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi. Les affrontements ont poussé des dizaines de milliers d'habitants à fuir ces zones: il y a des déplacés internes au Mali (au moins 30.000 recensés par le CICR, sans compter 20.000 autres évoqués par des sources locales) et des réfugiés dans les pays voisins.

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