Au moins deux personnes ont été blessées dans de nouveaux heurts samedi à Dakar entre des policiers et des jeunes qui tentaient comme la veille d'accéder à une place où devait se tenir une manifestation interdite de l'opposition contre le président Abdoulaye Wade.
Une des personnes blessées l'a été par une balle en caoutchouc, a précisé à l'AFP un secouriste qui les a évacuées.
Quelques centaines de jeunes répartis en petits groupes se sont retrouvés au bout d'une avenue menant à la Place de l'Indépendance et ont jeté des pierres sur des policiers qui leur barraient l'accès et ont riposté à coups de gaz lacrymogènes.
Les forces de sécurité ont également utilisé un canon à eau pour disperser les manifestants et éteindre des barricades de fortune en feu érigées sur l'avenue.
Des hommes cagoulés de noir circulant à bord de véhicules pick-up sur lesquels étaient collées des affiches d'un des candidats d'opposition à la présidentielle du 26 février, Idrissa Seck, ancien Premier ministre de Wade, ont également jeté des pierres contre des policiers.
Un autre candidat d'opposition, Cheikh Bamba Dièye, qui avait réussi à arriver sur la Place de l'Indépendance, en a été sorti par des policiers qui l'ont fait monter dans une voiture avant de l'en faire redescendre quelques minutes plus tard dans une rue proche.M. Bamba Dièye avait déjà été brièvement interpellé vendredi dans les mêmes circonstances.
Des gaz lacrymogènes ont également été tirés à la mairie de Dakar proche de la place et où 17 mariages étaient prévus samedi, mais ont été "perturbés", a déclaré le maire socailiste (opposition), Khalifa Sall.
Toutes les rues et avenues accédant à cette place située dans le quartier administratif et des affaires du Plateau, où se trouve le Palais présidentiel, ont été barrées par les forces de sécurité.La place était totalement déserte, à l'exception de policiers et d'engins anti-émeutes.
De nombreux tirs de gaz lacrymogènes et de fusil à pompe étaient entendus depuis le bureau de l'AFP situé sur la place.
Une dizaine de personnes, dont un policier, avaient été blessés vendredi dans le quartier du Plateau lors de violences entre plusieurs centaines de jeunes et les forces de sécurité.Comme samedi, ils avaient tenté d'aller sur la place pour assister à une manifestation interdite de l'opposition.
Ces violences avaient été exacerbées par le geste d'un officier de police qui a lancé des grenades lacrymogènes à l'intérieur d'une mosquée de la confrérie des Tidianes, située dans le quartier.
Le Mouvement du 23 juin (M23, coalition de partis d'opposition et d'organisations de la société civile) avait appelé à manifester vendredi et samedi pour exiger le retrait de la candidature à la présidentielle du chef de l'Etat sortant Abdoulaye Wade, 85 ans et au pouvoir depuis douze ans.
Toutes les manifestations sont interdites dans le quartier du Plateau depuis juillet 2011.
A Kaolack (ouest), un jeune homme est décédé après avoir été blessé vendredi soir lors d'une manifestation organisée pour protester contre "la profanation" d'une mosquée de Dakar par la police, a appris samedi l'AFP de source policière.
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