Un premier tour "transparent, libre, apaisé" de l'élection présidentielle dimanche au Sénégal est "impossible" en raison d'un "climat d'insécurité générale", a affirmé jeudi l'opposition.
"Les dérives d'une gravité extrême" et le "climat d'insécurité générale et accélérée (...) rendent impossible la tenue d'un scrutin transparent, libre, apaisé et fondé sur le respect de la Constitution", affirme dans un communiqué le Mouvement du 23 juin (M23, partis d'opposition et organisations de la société civile).
Le M23 "attire l'attention (...) sur la présence d'agents provocateurs" du président sortant Abdoulaye Wade, candidat à sa succession, "qui terrorisent manifestants, populations et leaders politiques et de la société civile, notamment par un harcèlement constant des personnalités du M23 et de leurs familles".
Le M23 dénonce également les "graves dysfonctionnements des institutions de régulation" de l'élection que sont le Conseil constitutionnel et la Commission électorale nationale autonome (Céna), qui "ne permettent pas la tenue d'un scrutin libre, sincère et transparent".
"Face à ces dérives d'une gravité extrême, le M23 tient (le président) Wade directement responsable des violences policières, des morts (15) et des blessés (539) qui en ont découlé et du climat d'insécurité générale et accélérée qui rendent impossible la tenue d'un scrutin transparent, libre, apaisé et fondé sur le respect de la Constitution", ajoute le M23.
Les violences liées à la nouvelle candidature du chef de l'Etat Abdoulaye Wade, jugée illégale par le M23, ont fait depuis fin janvier au moins six morts et des dizaines de blessés, selon un décompte de l'AFP.
Une partie de ces violences a eu lieu aux alentours de la Place de l'Indépendance au centre de Dakar, où les manifestations sont interdites mais où tentent malgré tout de se rendre depuis dix jours des candidats d'opposition et leurs partisans.
Le M23, dont huit des 13 candidats opposés au président Wade font partie, rappelle que ces derniers avaient affirmé le 2 février que "mener une campagne électorale avec la participation de Abdoulaye Wade équivaut à valider sa candidature", qu'il "ne peut pas être candidat" et, qu'en conséquence, ils avaient "décidé" de s'opposer" à sa participation.
Le mouvement "ne reconnaît aucune des décisions du Conseil Constitutionnel" qui a validé la candidature de Wade le 27 janvier, alors que, selon le M23 elle est anticonstitutionnelle, le chef de l'Etat, 85 ans, élu en 2000, réélu en 2007, ayant épuisé ses deux mandats.
Un argument contesté par le camp présidentiel qui souligne que des réformes en 2001 et 2008 lui permettent de se représenter une nouvelle fois.
Concernant la Céna, il "prend acte" de son "impuissance totale", puisqu'elle "n'est pas en mesure de faire respecter la loi électorale, notamment en ce qui concerne le droit des candidats à organiser des manifestations politiques conférées par la loi électorale sur toute l'étendue du territoire".
Plusieurs candidats membres du M23 ont cependant poursuivi leur campagne entamée le 5 février et ont l'intention de la continuer jusqu'au dernier jour, vendredi.Parmi eux, deux ex-Premier ministres de Wade, Macky Sall et Moustapha Niasse, ainsi que le leader du Parti socialiste (PS), Ousmane Tanor Dieng.
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