Clinton incite l'Algérie, la Tunisie et le Maroc à approfondir la démocratie

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ALGER (AFP) - (AFP)

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a incité samedi la Tunisie, l'Algérie et le Maroc à poursuivre leurs efforts pour davantage de démocratie, en estimant lors d'une visite à Alger que les peuples du Maghreb devaient "pouvoir décider pour eux-mêmes".

"Je viens de Tunisie et demain je serai au Maroc, mon message est le même: les peuples du Maghreb (...) ont besoin et méritent de pouvoir décider pour eux-mêmes", a-t-elle déclaré lors d'une rencontre avec la société civile autour d'une table ronde organisée à l'ambassade des Etats-Unis.

Mme Clinton a expliqué être venue discuter du renforcement de la coopération bilatérale et échanger sur la situation régionale.

Elle s'est entretenue avec son homologue Mourad Medelci venu l'accueillir à son arrivée, avec le président Abdelaziz Bouteflika avec lequel elle a dîné en compagnie d'autres membres du gouvernement algérien.

Mme Clinton venait de Tunisie où elle a promis une aide à la reconstruction de l'économie et au renforcement de la démocratie.

Durant ses quelques heures à Alger, elle a offert le soutien américain pour mener à bien les élections législatives du 10 mai, organisées suite aux réformes politiques du président Bouteflika.

Mais elle a mis les points sur les "i" en répondant à un journaliste sur un financement américain de partis islamistes, évoqué par certains médias.

"Non.Nous ne finançons de partis politiques nulle part, a-t-elle dit, citée par un pool de journalistes.Ce que nous faisons, c'est oeuvrer avec tous les partis politiques sur la manière de s'organiser pour les élections, les mener et faire en sorte qu'elles soient libres et équitables", a-t-elle déclaré.

Le score des islamistes et la participation seront les principaux enjeux du scrutin, selon la presse.Aux législatives de 2007, la participation était inférieure à 36%.

M. Bouteflika avait estimé jeudi à Oran (ouest) que la réussite du scrutin "demeurait tributaire du niveau de participation".

L'Algérie, partenaire d'importance

La Secrétaire d'Etat a décrit la société démocratique moderne "comme un tabouret à trois pieds ou trois piliers".L'un "doit être un gouvernement responsable, efficace qui rend des comptes à son peuple".L'autre est le secteur privé et sa capacité à créer de l'emploi et le 3e la société civile "qui oeuvre pour améliorer les vies" de la population.

L'Algérie, pays riche en hydrocarbures confronté à une crise de société avec un chômage de plus de 20% des moins de 35 ans (2/3 de la population), est un important partenaire américain en Afrique du Nord.

Washington suit de près la situation intérieure de ce pays frontalier de la Tunisie, leader du printemps arabe, et de la Libye qui n'en finit pas de se stabiliser après un conflit meurtrier entre rebelles et pro-Kadhafi.

A l'Ouest, avec le Maroc, les relations se réchauffent mais butent toujours sur le Sahara Occidental, ex-colonie espagnole occupée par Rabat et disputée par les Sahraouis du Polisario qu'Alger soutient.

Au sud, l'Algérie fait face, avec les pays du Sahel auxquels elle s'est alliée, à des gangs de trafiquants, dont d'armes et de drogues, et à Al-Qaïda du Maghreb islamique (Aqmi) qui s'est replié au Mali, lui-même confronté à un conflit touareg.

Un haut responsable américain indiquait à Alger qu'un objectif de Mme Clinton "sera de les encourager à travailler plus étroitement ensemble"."Tant le Maroc que l'Algérie sont pour nous de très bons partenaires dans le contre-terrorisme", a-t-il souligné, alors que Mme Clinton achèvera dimanche sa tournée maghrébine par Rabat.

"Pour les 50 prochaines années, a souligné samedi la chef de la diplomatie américaine, l'Algérie a besoin d'assumer sa juste place en tant que nation parmi les nations où la prospérité, la paix et la sécurité existent pour la population".

"Et les Etats-Unis veulent être votre partenaire.Un partenaire de votre gouvernement, de votre économie et de votre société civile de manière à ce que ces changements positifs aient lieu", a expliqué Mme Clinton, première secrétaire d'Etat américaine à visiter l'Algérie depuis Condoleeza Rice en septembre 2008.Mais Alger a reçu entretemps nombre de hauts responsables américains et la coopération s'est renforcée.

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