Après avoir décrété dimanche un deuil national de 48 heures, le président de la RD Congo Joseph Kabila s'est rendu lundi à Sange, trois jours après l'explosion d'un camion-citerne qui a fait quelque 240 morts dans cette ville de l'est du pays.
Parti tôt en avion de Kinshasa, le chef de l'Etat est arrivé en milieu de matinée à Bukavu, le chef-lieu du Sud-Kivu (est), avant de se rendre par la route à Sange, à 70 km au sud, où la population l'a accueilli vers 13H00 (12H00 GMT), a constaté un correspondant de l'AFP.
Il a été au chevet d'une vingtaine de blessés hospitalisés dans la ville, puis s'est rendu dans la localité voisine d'Uvira à 30 kilomètres, où d'autres blessés sont soignés.
"C'est un grand événement.Depuis vendredi, beaucoup de gens ici ont peur, ils pensent aux morts.Avec la venue du chef de l'Etat, cela peut rendre confiance à la population", a déclaré à l'AFP John Kakozi, un étudiant de 22 ans, qui attendait le président.
Dans une déclaration lue dimanche à la radio télévision nationale, Joseph Kabila a décrété deux jours de deuil national à compter de lundi, "en mémoire des frères et soeurs ainsi brutalement arrachés à notre affection".
Certains drapeaux étaient en berne lundi matin à Kinshasa, notamment ceux des édifices publics.
Aucun bilan officiel actualisé de l'accident n'était encore disponible lundi, mais le nombre de morts pourrait dépasser 240.
Les hôpitaux de Bukavu, Sange et Uvira où près de 200 blessés au total été acheminés après le drame, enregistrent en effet chaque jour de nouveaux décès, selon des sources médicales.
Environ 220 victimes, dont une soixantaine d'enfants, avaient été enterrées dès samedi à Sange dans trois fosses communes.
Plusieurs ministres accompagnaient le président Kabila à Sange, notamment ceux de la Santé, de l'Intérieur et des Affaires sociales, qui sont depuis dimanche à Bukavu.
Le ministre de la Santé Victor Makwenge s'est rendu au chevet des blessés et a laissé une tonne de médicaments qu'il avait apportés avec lui.
Selon la radio Okapi, parrainée par l'ONU, l'hôpital d'Uvira manque de moyens et les blessés sont obligés d'acheter eux-mêmes les médicaments dans les pharmacies de la ville.
"A l'hôpital de Sange, il n'y a plus de médicaments", a affirmé M. Umbwe.
Vendredi vers 18H00 (16H00 GMT), un camion-citerne transportant environ 50.000 litres d'essence s'est renversé sur le bas-côté de la route qui traverse le centre de Sange, avant d'exploser et de prendre feu.
Des habitants qui récupéraient l'essence s'échappant du camion, et d'autres réunis dans une salle pour regarder le Mondial de football, ont été brûlés vifs et une vingtaine d'habitations de cette agglomération d'environ 50.000 habitants ont été détruites par le feu.
Selon M. Umbwe, le camion se serait renversé sur la chaussée en voulant dépasser un véhicule stationné sur la route, qui est en bon état à cet endroit mais très étroite.
Les causes exactes de l'explosion ne sont pas encore connues.
Dans sa déclaration, le président Kabila a demandé au gouvernement "d'élucider rapidement les circonstances de ce drame et de prendre toutes les mesures permettant d'éviter que cela ne se reproduise à l'avenir".
Le quotidien d'opposition Le Phare a mis en cause lundi les autorités en dénonçant "l'inexistance de structures efficaces et rapides de gestion des accidents et catastrophes" en RDC.
"Sans l'assistance logistique et médicale de la Mission de l'ONU en RDC, on aurait enregistré un bilan largement supérieur", ajoute le journal.
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