Grogne sociale en Afrique du Sud: des dizaines de milliers de manifestants

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JOHANNESBURG (AFP) - (AFP)

 Des dizaines de milliers de personnes manifestaient mercredi en Afrique du Sud pour protester contre un projet de péages routiers et le recours au travail par intérim, à l'appel du Cosatu, la puissante confédération syndicale pourtant alliée de l'ANC au gouvernement.

A Johannesburg, des dizaines de milliers de manifestants selon les médias -- 45.000 selon la police -- étaient rassemblés à la mi-journée dans le centre-ville, pour cette journée d'action qui fédère le refus des péages routiers projetés autour de la ville, avec des revendications de la classe ouvrière contre les agences de travail temporaire.

Au Cap, environ 7.500 protestataires selon la police avaient envahi dans la matinée les rues du centre, formant l'un des 32 cortèges organisés dans tout le pays par le Cosatu, qui espérait au total 100.000 manifestants.

Le gros des troupes était formé par des habitants de l'agglomération accusant le gouvernement de racket avec son projet de péages sur les autoroutes de Johannesburg et Pretoria, mais surtout, des ouvriers dénonçant le travail par intérim comparé à de "l'esclavage moderne".

Le secrétaire général du Cosatu, Zwenlinzima Vavi, a menacé de bloquer les autoroutes du coeur économique du pays fin mars si le gouvernement ne renonçait pas à son projet de péage.

"Le 28 (mars), s'ils disent qu'ils introduisent ça (le système des péages), nous allons prendre tous les gens que nous voyons ici, et encore plus, et nous les mettrons sur les autoroutes de Johannesburg", a-t-il prévenu."Nous rendrons ce système inapplicable."

"C'est une forme de privatisation des routes", a-t-il regretté, ajoutant que "nos impôts sont déjà payés pour que les routes soient réparées".

Les péages, dont l'arrivée est annoncée pour le 30 avril, doivent permettre de rembourser un emprunt de 20 milliards de rands (2 milliards d'euros) contracté par l'agence des routes nationales pour élargir les routes de la région.

Interrogés dans la foule, des manifestants ont aussi exprimé un mécontentement plus général contre le gouvernement, comme Jabu Hlathi, un chauffeur de train du Cap, 42 ans, expliquant s'être mis en grève car "il y a beaucoup de choses qui ne vont pas dans le gouvernement", les péages, le travail intérimaire mais aussi la corruption qui est "un grand problème", a-t-il dit.

"Nous payons l'essence, nous payons notre voiture, son entretien, et il faudrait payer ça en plus", expliquait, furieux, un riverain de Johannesburg Fulelo Nokwe, obligé de faire 120 km aller-retour chaque jour pour son travail.

"On paye déjà des impôts conséquents", a-t-il ajouté.

Un intérimaire dans le même groupe de BTP depuis trois ans, Travis, n'avait pas de mots assez durs pour sa part contre les agences d'intérim."Ce sont des parasites, ils exploitent les gens.Comment expliquez-vous que je sois intérimaire depuis si longtemps?", a-t-il dit.

"Ces gens sont de mèche avec les grandes entreprises qui nous exploitent.Nous voulons un emploi à temps plein avec la sécurité et les avantages sociaux qui vont avec", a-t-il ajouté.

A Johannesburg, les manifestants, auxquels le président de la Ligue de jeunesse de l'ANC fraîchement exclu du parti, Julius Malema, est venu se mêler, ont ensuite déposé un mémorandum auprès du gouvernement provincial et de son département des transports.

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