Un Britannique et un Italien, otages au Nigeria depuis mai 2011, ont été tués, apparemment par leurs ravisseurs, avant d'avoir pu être secourus lors d'une opération lancée jeudi par les forces nigérianes avec l'appui des Britanniques, a annoncé le Premier ministre David Cameron.
Le président du Nigeria Goodluck Jonathan a de son côté annoncé que les personnes qui avaient tué les otages avaient été arrêtées et que le Britannique et l'Italien étaient détenus par le groupe islamiste Boko Haram.
Les deux otages, des ingénieurs, avaient été enlevés le 12 mai à Birnin Kebbi (nord-ouest du Nigeria), près de la frontière avec le Niger, pays où le groupe islamiste Aqmi, branche maghrébine d'Al-Qaïda, a par le passé revendiqué des enlèvements de travailleurs étrangers.
Une opération a été préparée par les autorités nigérianes, avec le soutien britannique, "pour tenter de sauver Chris et Franco", a expliqué David Cameron dans une allocution télévisée, précisant avoir donné son accord jeudi à une intervention.
Mais Chris McManus, citoyen britannique, et Franco Lamolinara, un Italien de 48 ans, ont "perdu la vie", a précisé M. Cameron, ajoutant que "selon les premières indications, les deux hommes ont été assassinés par leurs ravisseurs avant d'avoir pu être secourus".
Selon le Premier ministre, qui n'a pas fourni plus de précisions, les deux hommes étaient retenus par des "terroristes", qui "avaient menacé clairement de les tuer".
"Après des mois pendant lesquels on ne savait pas où ils se trouvaient, nous avons reçu des informations crédibles sur leur localisation.Une fenêtre d'opportunité s'est présentée pour essayer d'obtenir leur libération", a détaillé M. Cameron pour expliquer l'opération.
Le chef du gouvernement italien Mario Monti a été informé, par un coup de téléphone de son homologue britannique, de "l'issue tragique de l'opération, visant à libérer les otages", a indiqué pour sa part la présidence du Conseil italien dans un communiqué.
Selon elle, M. Cameron a exprimé ses "sincères condoléances pour la victime italienne, regrettant l'issue dramatique de l'initiative militaire décidée par les autorités nigérianes et britanniques, convaincues qu'il s'agissait de la dernière fenêtre possible pour sauver la vie des otages".
Dans un communiqué, la famille de Chris McManus, "dévastée", a remercié de "leurs efforts" les "nombreuses personnes qui ont tenté de rendre Chris à sa famille et sa fiancée".
"Nous savions que Chris était dans une situation extrêmement dangereuse, mais savions aussi que tout ce qu'il était possible de faire était fait", a-t-elle souligné, transmettant ses "pensées" à la famille de Franco Lamolinara.
En apprenant la mort de son mari, l'épouse de l'otage italien a eu un malaise.
A l'époque, les ravisseurs avaient fait irruption dans l'appartement des deux hommes.Un ingénieur nigérian avait été blessé par balle et un collègue allemand avait réussi à s'échapper.
En août, une vidéo obtenue par l'AFP montrait les deux otages, agenouillés et les yeux bandés, décrivant leurs ravisseurs comme appartenant à Al-Qaïda.Dans une autre vidéo obtenue par une agence mauritanienne de presse privée et visionnée par l'AFP en décembre, des individus masqués menaçaient d'exécuter le Britannique si leurs exigences n'étaient pas remplies.L'agence avait indiqué que les preneurs d'otages appartenaient à un groupe nigérian se réclamant d'Al-Qaïda.
Les deux otages travaillaient pour Stabilini Visinoni Limited, une entreprise de construction italienne basée au Nigeria.Ils participaient à la construction d'un bâtiment de la Banque centrale du Nigeria à Birnin-Kebbi.
Les enlèvements sont rares dans le nord du Nigeria dont la population est en majorité musulmane, mais fréquents dans le sud pétrolifère où des groupes armés ont déjà pris en otages de nombreux expatriés, généralement relâchés contre une rançon.
La secte islamiste Boko Haram est très active dans le nord du Nigeria, où elle veut instaurer un Etat islamique.
Aqmi a revendiqué les enlèvements de plusieurs travailleurs étrangers ces derniers années au Niger, mais jamais au Nigeria.
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