Au moins trois personnes ont été tuées et une vingtaine blessées samedi soir dans un attentat à la grenade contre une station de bus à Nairobi, une nouvelle attaque dans la capitale kényane que la police a attribuée aux islamistes somaliens shebab.
"Il s'agit d'un acte lâche commis par des éléments shebab.Mais nous n'allons pas baisser les bras.Nous les aurons et nous continuerons la guerre" engagée par l'armée kényane contre les shebab en Somalie, a déclaré à la presse Charles Owino, porte-parole adjoint de la police kényane.
"Nous pouvons confirmer que trois personnes ont été tuées et 21 blessées", a poursuivi le porte-parole, qui s'exprimait sur les lieux de l'attaque, une station de bus appelée Machakos country bus, proche du centre ville et particulièrement fréquentée.
La Croix-Rouge kényane a pour sa part précisé que 12 blessés graves étaient hospitalisés en unité de soins intensifs.
Il s'agit de la première attaque dans la capitale kényane depuis deux précédents attentats à la grenade commis en moins de 24 heures en octobre 2011, et qui avaient fait un mort et plus de trente blessés.
Une première attaque avait alors visé un bar d'un quartier populaire de Nairobi, et la deuxième un arrêt d'autobus particulièrement fréquenté.
Un jeune Kényan sympathisant des shebab avait alors été arrêté et condamné après avoir avoué avoir perpétré ces attaques.
Les shebab ont menacé à maintes reprises de représailles le Kenya depuis l'entrée de troupes de ce pays dans le sud de la Somalie à la mi-octobre pour repousser les insurgés islamistes qui y régnaient alors en maître.
-- grenades jetées depuis une voiture --
"J'ai vu une voiture passer et quelqu'un (à l'intérieur) a jeté trois objets qui ont explosé", a rapporté à l'AFP un témoin, Charles Njenga.
"Beaucoup de gens ont été blessés.J'ai survécu car j'étais dans un bus qui était en train de faire monter des gens", a ajouté ce témoin.
Les grenades -- trois ou quatre selon les témoignages -- ont été jetées de la voiture à des endroits différents, contre la station de bus ou à proximité de celle-ci.
Le corps d'une des victimes, un jeune homme, était étendu devant une station d'essence à environ 500 mètres de la station de bus, a constaté un journaliste de l'AFP.
"J'étais venu prendre de l'essence, quand j'ai vu un homme qui courait et qui s'est effondré, mort.Quand je me suis approché, j'ai vu qu'il était plein de sang, il avait fui l'endroit de l'explosion", a rapporté Reuben Otela, un motocycliste.
Des traces de sang étaient encore visible sur le sol de la station de bus, encombrée de plus d'une dizaine d'autobus.Des ambulances emmenaient les blessés dans les hôpitaux de la ville, où les plus légèrement atteints étaient soignés pour une blessure à la jambe ou à la joue.
Les shebab ont menacé à maintes reprises de représailles le Kenya depuis l'entrée de troupes de ce pays dans le sud de la Somalie à la mi-octobre pour repousser les insurgés islamistes qui y régnaient alors en maître.
L'attentat de samedi est survenu le jour même où en Somalie, en début de journée, les islamistes shebab ont lancé une offensive d'ampleur pendant plusieurs heures contre des positions des forces éthiopiennes dans le sud-ouest du pays.
Une force de l'Union africaine (Amisom) composée de soldats ougandais et burundais a contraint en août dernier les islamistes à quitter la capitale somalienne Mogadiscio, tandis que plusieurs milliers de soldats kényans sont entrés dans le sud de la Somalie à la mi-octobre pour repouser les shebab, suivis le mois suivant par des troupes éthiopiennes.
Ces attaques conjointes ont réduit l'emprise, jusque là quasi-totale, des insurgés islamistes shebab sur le sud et le centre de la Somalie, un pays livré à la guerre civile et privé d'autorité centrale depuis 1991.
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