Les relations entre le Soudan du Sud et le Soudan sont désormais "positives", a assuré mercredi Pagan Amum, chef négociateur de Juba dans ses pourparlers avec Khartoum, après plusieurs mois de tensions entre les ex-belligérants de deux décennies d'une meurtrière guerre civile.
Mardi, à l'issue d'un nouveau cycle de négociations à Addis Abeba, les deux pays ont convenu de la tenue prochaine à Juba d'un sommet entre leurs chefs d'Etat, le Soudanais Omar el-Béchir et le Soudanais du sud Salva Kiir, pour faire progresser les questions des revenus pétroliers et des zones frontalières contestées, principaux sujets de tensions entre les deux voisins.
"Nous prévoyons de faire de ce sommet un succès, de parapher les accords déjà conclus et d'en conclure d'autres, de réduire les tensions et de créer un environnement positif", a déclaré M. Amum, "il s'agit peut-être de la dernière tentative pour résoudre les sujets difficiles entre les deux Etats".
"Quand nous étions un seul pays, nous avons passé notre temps à nous combattre et à nous tuer l'un l'autre (...) c'est désormais terminé", a affirmé M. Amum à la presse à Juba, assurant que les deux pays négocierait désormais avec "un esprit positif".
Il a assuré que cette nouvelle approche avait déjà fonctionné à Addis Abeba où les deux pays ont paraphé un document établissant notamment un comité conjoint pour régler la question des ressortissants de chacun des deux Etats et ont décidé un début de démarcation de leur frontière.
"L'accord sur la nationalité" prévoit que les ressortissants de chaque Etat jouiront dans l'autre des libertés (...) de résidence, de mouvement, d'entreprise et d'acquisition et de jouissance de la propriété, selon M. Amum.
Entre 300 et 500.000 personnes originaires du Soudan du Sud sont toujours en territoire soudanais.Khartoum leur a donné jusqu'au 8 avril pour quitter son territoire ou régulariser leur situation.L'ONU a estimé qu'il était impossible, en termes logistiques, de rapatrier toutes ces personnes dans ce délai.
M. Amum a également affirmé que le Soudan avait accepté de rembourser le pétrole sud-soudanais qu'il a prélevé faute d'accord sur le montant des redevances de transit de ce brut par ses oléoducs, tandis que le Soudan du Sud s'est engagé à verser plusieurs mois de droits de passage non payés.
En devenant indépendant le 9 juillet 2011, le Soudan du Sud a hérité des trois-quarts de la production de brut du Soudan d'avant la sécession (soit environ 350.000 barils/jour), mais reste tributaire des oléoducs soudanais pour l'exporter.
Furieux des prélèvements soudanais, Juba a stoppé sa production en janvier.
Les deux nations vont désormais négocier un accord commercial sur le transport du pétrole et les redevances de passage avant un accord global sur la région contestée d'Abyei et sur les compensations que devrait recevoir le Soudan pour la "perte financière du Sud", a affirmé M. Amum.
La tension n'a cessé de monter entre les deux voisins, qui se sont affrontés durant 20 ans dans une guerre civile qui a fait plus de deux millions de morts et a pris fin en 2005 avec un accord de paix ayant conduit à la sécession du Soudan du Sud.
Les tensions pourraient dégénérer si les questions des revenus pétroliers et des zones contestées ne sont pas résolues, avait récemment averti le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.
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