Le Soudan impose la censure à l'approche du référendum d'indépendance du Sud

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KHARTOUM (AFP)

Les services de renseignements soudanais ont de nouveau imposé à l'ensemble de la presse la censure d'Etat à six mois du référendum clé sur la sécession du Sud-Soudan, nouveau sujet sensible au moment où le plus grand pays d'Afrique joue son avenir.

"Nous avons été avisés par les services de renseignements que le journal al-Intibaha avait été fermé et que la censure était de nouveau imposée à partir d'aujourd'hui", a déclaré à l'AFP Mohieddine Titawi, président de l'Association des journalistes du Soudan.

"La censure se concentrera sur la question de l'unité/scission du pays et sur la situation sécuritaire au Sud-Soudan", a ajouté le responsable de cette organisation, qui a décrié cette mesure.

Le journal al-Intibaha a été interdit de publication le matin, de même que les quotidiens al-Tayyar et al-Ahdath, tous jugés hostiles aux autorités du Sud-Soudan.Al-Intibaha sera fermé "pour une période indéterminée", a dit à l'AFP son rédacteur en chef, Al-Siddig al-Rizeigui.

Ce journal est l'un des rares, voire le seul, à militer pour une sécession du Nord du Soudan.

Le département de l'Information des services de renseignement et de sécurité a expliqué la décision d'imposer à nouveau la censure en disant "regretter le manque d'engagement de plusieurs quotidiens politiques dans la présentation des enjeux nationaux", selon le Centre soudanais des médias, un site internet proche des renseignements.

Cette décision survient dans un contexte visant "à diminuer le rôle négatif de journaux voulant renforcer les tendances séparatistes au nord comme au sud, ce qui est contre l'accord de paix global (CPA) qui prône l'unité", précise-t-il.

L'accord de paix, qui a mis fin en 2005 à plus de deux décennies de guerre civile entre le Nord et le Sud du Soudan, prévoit la tenue en janvier 2011 d'un référendum sur l'indépendance du Sud-Soudan.D'ici là, les autorités sont tenues de rendre "l'unité attrayante".

Le président Omar el-Béchir, reconduit lors des élections d'avril, a fait de l'unité du Soudan sa priorité à l'approche du référendum qui pourrait conduire à la partition du pays.

Dorénavant les services de renseignements liront les épreuves des journaux avant leur impression et auront le pouvoir de retirer ou de modifier des articles, voire d'interdire leur publication.

Les autorités avaient levé en octobre cette censure avec l'adoption d'une loi garantissant la "liberté de la presse" tout en établissant des lignes rouges à ne pas franchir, comme la sécurité nationale et la moralité publique dans ce pays majoritairement musulman.

Cette nouvelle loi autorisait dans le même temps les autorités à traduire en justice des journalistes ou des médias dépassant ces lignes ou publiant des informations erronées.

Les renseignements avaient déjà stoppé en mai la publication du quotidien d'opposition Rayy al-Shaab après la publication d'articles remettant en cause la popularité de M. Béchir et faisant état d'une usine produisant des armes pour le compte de l'Iran et du Hamas palestinien.

Quatre journalistes du quotidien ont été accusés en vertu de la loi antiterroriste -et non de la loi sur la presse- dans cette affaire.

Les autorités avaient aussi interdit la publication, pour quelques jours, de quelques journaux d'opposition ou indépendants."Ils ne font pas les choses en suivant la voie légale, mais par les services de sécurité", a dit à l'AFP Faïz al-Sillik, du quotidien Ajras al-Hurriya.

Les agences de presse internationales travaillant au Soudan restent épargnées par la censure d'Etat.

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