Les autorités libyennes vont commencer "bientôt" à juger les responsables de l'ancien régime sous la pression de la communauté internationale et après la demande d'extradition de l'ex-chef des renseignements libyens, Abdallah al-Senoussi, arrêté en Mauritanie.
"Nous allons commencer les procès des responsables de l'ancien régime le plus tôt possible", a indiqué récemment à l'AFP le chef du gouvernement de transition Abdel Rahim al-Kib.
"Nous rassurons le peuple libyen et la communauté internationale que la Libye jugera bientôt ceux qui ont commis des crimes contre le peuple", a ajouté le Premier ministre, assurant que les autorités leur garantiraient des procès équitables.
Dans des SMS envoyés aux abonnés des deux compagnies publiques de téléphonie mobiles, le Procureur général, Abdelaziz Al-Hasadi, a appelé récemment les Libyens à déposer leurs plaintes à propos des collaborateurs de l'ancien régime pour qu'ils soient traduits en justice "dans les plus brefs délais".
Plusieurs responsables de l'ancien régime et des centaines de ses partisans, militaires et civils, croupissent depuis des mois -certains depuis plus d'un an- dans des dizaines de prisons en Libye, dont la plupart, sous la coupe des milices d'ex-rebelles, échappent au contrôle des autorités.
"Plus de 3.000 partisans de Kadhafi se trouvent dans la prison de Misrata (ouest) où ils attendent leur jugement", a indiqué Suleiman Al-Fortia, représentant de cette ville au Conseil national de transition (CNT, au pouvoir).
Fathi Baaja, membre du CNT, a expliqué que le jugement des responsables de l'ancien régime avait accusé du retard en raison de l'absence d'une infrastructure pénitentiaire adéquate et la paralysie du système judiciaire depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre.
"Je pense que si Abdallah Senoussi est extradé vers la Libye, son procès, ainsi que celui de Seif al-Islam (un fils de Mouammar Kadhafi) se tiendra dans un avenir proche et avant les élections du Congrès national général" (assemblée constituante), prévues en juin, a ajouté M. Baaja.
"Les préparatifs sont maintenant sur la bonne voie", a-t-il dit.
Abdallah Senoussi est recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour "crimes contre l'humanité" durant la révolte contre Mouammar Kadhafi, tout comme Seif al-Islam, détenu en Libye depuis son arrestation en novembre.
Selon Ahmed Jehani, représentant de la Libye à la CPI, la Cour fait "pression sur la Libye pour qu'elle commence à juger Seif al-Islam ou qu'elle le lui remettre".
Le vice-président du CNT, Salem Aknan, a indiqué que les autorités voulaient, pour des raisons de sécurité, disposer de bâtiments qui puissent servir à la fois de prison et de tribunal.
"Nous avons pu équiper deux locaux à Tripoli et Benghazi (est), où les collaborateurs de Kadhafi vont être transférés", a-t-il ajouté.
M. Aknan a ajouté par ailleurs que les autorités étaient en train de resserrer l'étau autour de responsables de l'ancien régime et membres de la famille de Kadhafi qui sont toujours en fuite.
"Nous sommes en train de délivrer des mandats d'arrêt contre des fugitifs et avons demandé à tous les pays frères et voisins (...) de nous les livrer", a-t-il ajouté.
Tripoli réclame notamment à l'Egypte l'extradition des dignitaires de l'ancien régime qui se trouvent sur son territoire.
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