Journaliste condamné à la prison : une affaire de droit commun pour Tunis

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TUNIS (AFP)

Les autorités tunisiennes ont affirmé mercredi que le journaliste opposant Fahem Boukadous avait été condamné pour "infractions de droit commun", sans rapport avec sa pratique journalistique.

"Le jugement rendu contre M. Boukadous était motivé par des infractions de droit commun sans aucun rapport avec une quelconque activité de presse", a-t-on indiqué de source judiciaire officielle.

Fahem Boukadous, 40 ans, correspondant de la chaîne satellitaire Al-Hiwar Ettounsi (Le Dialogue Tunisien) a été condamné mardi en son absence à quatre ans de prison par la Cour d'appel de Gafsa (sud) pour "diffusion d'information de nature à troubler l'ordre public".

Ce verdict annoncé par son avocat confirmait un jugement de première instance le condamnant également pour "entente criminelle ayant pour but de porter atteinte aux personnes et aux biens".

Pour les autorités, M. Boukadous est impliqué dans les troubles qui ont eu lieu en 2008 à Redeyef à l'occasion des manifestations sociales ayant secoué la région minière de Gafsa (sud-ouest).

"L'intéressé et ses complices avaient constitué une entente criminelle à l'origine de violences perpétrées dans la ville de Redeyef, et comprenant notamment des attaques contre les édifices publics et privés...", a dit la même source judiciaire.

Pour ses avocats et des ONG internationales de défense des droits de l'Homme et de la presse le journaliste a été condamné pour avoir couvert les manifestations contre le chômage et la corruption.

Souffrant d'asthme, le journaliste se trouvait mercredi dans un hôpital de Sousse (140 km de Tunis), où il a été admis le 3 juillet pour insuffisance respiratoire et infection des deux poumons.

"De nombreux policiers s'étaient postés devant l'hôpital ce matin pour m'arrêter, mais les médecins ont décidé de me garder encore à cause de mon état", a-t-il dit au téléphone à l'AFP.

Les autorités ont assuré de leur côté qu'"en tout état de cause la loi portant organisation des prisons garantit aux détenus le droit d'accès à tous les soins médicaux nécessaires".

Mercredi, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères Bernard Valero, a dit que la situation du journaliste était suivie "avec la plus grande attention".

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