Plus de 50 personnes ont été tuées lors des fêtes de Pâques au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique: une trentaine lors d'attaques islamistes présumées dans le nord et 22 dans l'effondrement accidentel d'une église.
Des membres présumés du mouvement islamiste Boko Haram ont mené dimanche soir, dans la nuit de dimanche à lundi, et dans la journée de lundi, trois attaques séparées dans les Etats de Borno et Yobe, dans le nord, où le groupe est particulièrement actif, ont rapporté l'armée et la police.
Ces violences sont intervenues après un attentat à la bombe qui a fait 20 morts et une trentaine de blessés près d'une église de Kaduna (nord) dans la matinée du dimanche de Pâques.
Il n'a pas été revendiqué mais rappelle un attentat contre une église du centre, le jour de Noël, qui avait fait 44 morts et avait été revendiqué par Boko Haram.
Ce groupe multiplie depuis des mois les opérations meurtrières et les forces de l'ordre s'étaient préparées à d'eventuelles violences à l'approche des fêtes de Pâques.
Selon un porte-parole militaire, des islamistes présumés ont mené dans la nuit de dimanche à lundi une attaque dans la ville de Dikwa, dans l'Etat de Borno, où Boko Haram a sa base.
"Des terroristes présumés de Boko Haram ont attaqué et incendié" un commissariat de police, une banque et un hôtel et ont tenté de mettre le feu à un bâtiment administratif, a indiqué le lieutenant-colonel Sagir Musa, porte-parole de la force spéciale JTF, déployée à Borno.
Un homme politique local, "un sergent de la police et un civil ont été tués par les terroristes", a-t-il poursuivi, ajoutant que la JTF avait "repoussé l'attaque" et que trois assaillants avaient été tués.
De plus, deux islamistes présumés ont été abattus par la JTF lundi après qu'ils eurent ouvert le feu sur des soldats à un point de contrôle de Maiduguri, capitale de Borno, a ajouté la même source, affirmant qu'aucun soldat n'avait été blessé.
Une fillette de 7 ans abattue
A Potiskum, dans l'Etat voisin de Yobe, d'autres membres présumés de Boko Haram ont tenté d'abattre dimanche soir un policier à son domicile et ont tué sa fillette de 7 ans, selon un porte-parole de la police.
Boko Haram vise régulièrement les symboles de l'autorité de l'Etat et est tenu responsable de très nombreux assassinats de policiers dans le nord.
Le 20 janvier, Kano, la grande métropole du nord, a été frappée par l'assaut le plus meurtrier (185 morts) mené par Boko Haram qui avait attaqué principalement des commissariats.
La ville est depuis secouée régulièrement pas des violences imputées aux islamistes et lundi, l'armée a désamorcé un engin explosif découvert dans une voiture de Kano, sans faire de blessé, selon un porte-parole militaire.
L'explosion de dimanche matin à Kaduna a été causée par des bombes "dissimulées dans deux voitures" juste en face d'une église, et la majorité des victimes sont des conducteurs de taxi-moto, a indiqué un responsable des secours sous couvert de l'anonymat.
Dans la soirée de dimanche, une explosion avait aussi retenti à Jos, dans le centre.La police a confirmé lundi qu'une personne avait été blessée par une bombe artisanale.
En plus de ces violences islamistes, vingt-deux fidèles ont été tués et trente-et-un blessés dans l'effondrement d'une église du centre du Nigeria, à Adambge.Cet accident a été provoqué par un violent orage pendant une veillée pascale.
Le président nigérian Goodluck Jonathan, confronté à une insurrection de Boko Haram qui a fait plus de mille morts depuis 2009, avait exhorté samedi le pays à faire face aux défis du moment.
Dans son message pascal, le pape Benoît XVI a condamné dimanche les violences au Nigeria, tout comme Ottawa qui a dénoncé des "horribles attaques".
Le Nigeria compte plus de 160 millions d'habitants, également répartis entre musulmans, majoritaires dans le nord, et chrétiens, plus nombreux dans le sud.
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