Le président sud-soudanais ordonne à son armée de quitter la zone contestée de Heglig

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JUBA (AFP) - (AFP)

Le président sud-soudanais Salva Kiir a annoncé avoir ordonné à son armée de se retirer dès ce vendredi de la zone pétrolière contestée de Heglig, dont elle s'était emparée le 10 avril.

"La République du Soudan du Sud annonce que les troupes de la SPLA (armée sud-soudanaise) ont reçu l'ordre de se retirer" de Heglig, a déclaré le porte-parole du gouvernement sud-soudanais, Barnaba Marial Benjamin, donnant lecture d'un communiqué présidentiel lors d'une conférence de presse dans la capitale Juba.

"Un retrait ordonné va commencer immédiatement et devra être terminé dans les trois jours", a précisé Salva Kiir dans ce communiqué.

Cette décision de retrait "ne préjuge pas du fait que notre position est que Panthou (nom sud-soudanais de Heglig, ndlr) reste une partie intégrante de la République du Soudan du Sud", souligne le chef du jeune Etat dans ce texte, demandant à ce "que le statut final de Panthou/Heglig et des autres zones frontalières contestées soient soumis à un arbitrage international".

Heglig était initialement contrôlée par l'armée du Soudan, mais le Soudan du Sud affirme que la zone, située à la frontière non démarquée et dont plusieurs parties sont revendiquées par les deux voisins, fait partie de son territoire.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a jugé jeudi "illégale" la prise de Heglig par l'armée de Juba et l'Union africaine (UA) avait récemment condamné son "occupation" par les troupes sud-soudanaises.

Salva Kiir a assuré dans son communiqué avoir décidé ce retrait après les appels en ce sens du Conseil de sécurité de l'ONU et de plusieurs dirigeants de la communauté internationale, et pour "créér un environnement favorable à la reprise du dialogue avec le Soudan".

Il avait affirmé mi-avril qu'il n'ordonnerait jamais le retrait de ses troupes de Heglig.Juba avait ensuite posé une liste précise de conditions à un retrait de la zone, notamment sa démilitarisation et le départ de l'armée soudanaise d'Abyei, autre zone frontalière contestée et point de tension majeur entre les deux voisins.

Khartoum avait affirmé depuis la prise de Heglig qu'elle reprendrait "par tous les moyens" cette zone stratégique, qui représente la moitié de sa production de brut depuis que le Soudan du Sud a, en proclamant son indépendance en juillet 2011, récupéré les trois-quarts des réserves pétrolières du Soudan d'avant la partition.

L'armée sud-soudanaise avait affirmé avoir repoussé jeudi soir une offensive soudanaise sur Heglig.Selon plusieurs sources dans la zone frontalière, les combats se poursuivaient vendredi dans la région contestée.

Le colonel Aguer a indiqué vendredi qu'une "petite installation centrale de traitement" (CPF) de Heglig était en feu depuis la veille au soir, après l'attaque d'un MiG soudanais.

M. Kiir a également souhaité une "pause" dans les négociations en cours entre les deux voisins depuis la partition et "un examen critique de la médiation actuelle", menée par l'Union africaine (UA), souhaitant un "engagement international plus fort".

Ces difficiles discussions, destinées à résoudre les sujets de tensions entre les deux voisins - autour du pétrole et de la frontière notamment - sont suspendues depuis la prise de Heglig.

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