La police nigériane renforçait vendredi la sécurité autour des bâtiments abritant la presse et enquêtait au lendemain d'attentats sans précédent contre des bureaux de l'un des journaux les plus influents du pays, qui ont fait au moins neuf morts, dont un kamikaze.
Les attaques ont visé les rédactions du quotidien privé ThisDay dans la capitale Abuja et à Kaduna, importante ville du nord, alors que le pays est régulièrement secoué par des explosions meurtrières attribuées au groupe islamiste Boko Haram.
"Hier, nous avons commencé à envoyer des patrouilles renforçant celles déjà déployées" autour des bureaux de journaux, a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police à Abuja, Moshood Jimoh.
Il en était de même dans la capitale économique Lagos, jusqu'à présent épargnée par les attentats qui ont essentiellement frappé le nord du pays le plus peuplé d'Afrique.
Le chef de la police de Lagos "a ordonné hier (...) que la sécurité des bâtiments de presse soit renforcée", a indiqué le porte-parole de la police de L'Etat de L'Etat éponyme.
Boko Haram avait récemment menacé la presse.S'il s'avérait être derrière les attaques de jeudi, celles-ci s'ajouteraient à une longue liste d'attentats ayant visé notamment les Nations unies, des églises, et de nombreux commissariats de police, que les islamistes se sont attribuées.Plus de 1.000 personnes ont été tuées depuis mi-2009 dans des violences attribuées au groupe.
Le journal nigérian en ligne Premium Times a publié jeudi soir un article affirmant que Boko Haram, dans une interview exclusive, revendiquait les attentats de jeudi et critiquait la couverture de ses activités par ThisDay.
Il n'était pas possible de vérifier cette information.D'ordinaire, les islamistes revendiquent leurs actes par le biais d'audio-conférences avec la presse.
La police à Abuja n'a pas souhaité indiquer qui elle soupçonnait, mais l'un des auteurs présumés de l'attentat de Kaduna est soupçonné d'appartenir à Boko Haram.
Les deux attentats se sont produits quasiment simultanément, en fin de matinée.
A Abuja, un kamikaze est entré en voiture dans l'enceinte gardée de ThisDay et a explosé au niveau de l'imprimerie.Il a tué un agent de sécurité et trois passants, selon le journal.
ThisDay a son siège à Lagos mais dispose d'une importante rédaction dans la capitale.
A Kaduna, une bombe a explosé devant un édifice abritant les rédactions de plusieurs journaux, dont ThisDay.Puis une voiture piégée a explosé dans l'enceinte de ce bâtiment.Quatre personnes ont été tuées, 19 blessées.
Les services de renseignement de la police (SSS) ont affirmé que deux personnes avaient perpétré cet attentat, dont une appréhendée immédiatement par des témoins puis remise aux autorités.Ils n'ont pas précisé le sort du second suspect.
Selon les SSS, l'homme capturé s'appelle Umaru Umaru Mustapha et provient de Maiduguri, ville du nord-est où Boko Haram a sa base.Un porte-parole de la police a affirmé qu'il était un membre présumé du groupe.
Le président nigérian Goodluck Jonathan a condamné les attentats, tout comme Washington qui a estimé qu'ils visaient "la liberté d'expression elle-même".
Les organisations internationales Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) ont aussi dénoncé les attaques.
L'ambassade américaine au Nigeria avait mis en garde la semaine dernière contre de possibles attaques de Boko Haram dans la capitale, pouvant viser des hôtels notamment.Des craintes que les autorités avaient tempérées.
Le principal syndicat des journalistes au Nigeria, le NUJ, s'est dit inquiet."Les attaques d'hier ont confirmé nos craintes selon lesquelles les médias ne sont pas en sécurité" au Nigeria, a déclaré son président, Mohammed Garba said.
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