L'annonce par Khartoum de l'arrestation de quatre étrangers dans la zone disputée de Heglig a suscité une polémique dimanche, plusieurs organisations affirmant que les quatre hommes se trouvaient en territoire sud-soudanais où ils étaient en mission pour l'ONU.
Le Soudan a affirmé samedi soir qu'un Britannique, un Norvégien, un Sud-Africain et un Sud-Soudanais avaient été arrêtés près de Heglig et laissé entendre qu'ils étaient des "experts étrangers" venus soutenir Juba dans son "agression" contre son voisin du nord.
Mais Ashley Williams, le PDG de Mechem, une compagnie publique sud-africaine spécialisée dans le déminage, a annoncé dimanche que deux de ses employés, qui travaillaient pour un projet de l'ONU au Soudan du Sud, figuraient parmi les quatre personnes enlevées.
"Nous faisons du déminage humanitaire avec un contrat de l'ONU et nos personnels bénéficient d'une immunité onusienne complète", a déclaré M. Williams à l'AFP, assurant que ses employés, un Sud-Africain et un Sud-Soudanais, avaient été enlevés "bien à l'intérieur du territoire du Soudan du Sud".
Le directeur régional de l'organisation norvégienne Norwegian People's Aid (NAID), Jan Ledang, qui travaillait avec l'un des quatre hommes arrêtés, a également démenti la version de Khartoum.
"C'est impossible qu'ils aient été à Heglig", a déclaré M. Ledang, affirmant que les quatre hommes menaient une mission de suivi après un déminage à Pariang, en territoire sud-soudanais.
Au moment de l'enlèvement, le groupe circulait entre deux bases de l'ONU, et faisait route vers Bentiu, selon M. Williams."Ils se sont emparés d'eux et les ont ramenés à Heglig en voiture où ils ont dit les avoir arrêtés dans cette zone disputée", a-t-il insisté.
De plus, leur travail est "humanitaire, donc parler d'eux comme de conseillers militaires ou ce genre de chose est totalement absurde", a ajouté M. Williams.Samedi soir, une porte-parole de l'ONU avait annoncé que l'une des quatre personnes enlevées étaient un employé de l'organisation.
Le chargé d'affaire sud-soudanais à Khartoum, Kau Nak, a affirmé à l'AFP que Juba n'aurait jamais laissé entrer personne à Heglig, alors que les ambassades de Norvège et du Royaume-Uni réclament un accès consulaire à leur ressortissant arrêté.
Selon Khartoum, les quatre hommes ont un passé militaire, circulaient à bord d'un véhicule militaire, avec du matériel militaire, et enquêtaient autour de Heglig dans les décombres des combats qui ont suivi l'offensive sud-soudanaise sur cette zone pétrolière revendiquée par Juba et Khartoum.
Ces combats font suite à des mois de tensions entre les deux pays, qui ne parviennent pas à s'entendre sur les questions restées en suspens depuis la partition en juillet 2011, en particulier le tracé de la frontière et le partage des revenus pétroliers.
La communauté internationale multiplie les pressions pour éviter que ces combats ne dégénèrent en un nouveau conflit ouvert après les décennies de guerre civile (1983-2005).
Samedi, Juba a fait un geste d'apaisement en se disant prêt à retirer leurs forces d'Abyei, une autre zone frontalière disputée qui jouxte celle de Heglig.
L'armée sud-soudanaise a affirmé avoir repoussé vendredi une attaque de rebelles venus du Soudan dans les faubourgs de Malakal, capitale de l'Etat sud-soudanais du Haut Nil à quelques dizaines de kilomètres de la frontière.
Dimanche le président soudanais, Omar el-Béchir, a déclaré l'état d'urgence dans les Etats du Kordofan-Sud, du Nil Blanc et de Sennar, à la frontière avec le Soudan du Sud, a indiqué l'agence officielle Suna.
Le commerce transfrontalier est interdit depuis l'indépendence en juillet du Soudan du Sud, mais cette interdiction est désormais officialisée.
La décision de M. Béchir "donne le droit au président et à toute personne mandatée" d'établir des tribunaux spéciaux, qui traiteront les affaires criminelles et "terroristes", ajoute l'agence.
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