Le front semblait calme vendredi à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud, à l'expiration du délai donné par le Conseil de sécurité de l'ONU aux deux pays pour cesser les hostilités sous peine de sanctions, mais la méfiance restait vive dans chacun des camps.
Actuellement, "il ne se passe rien...du moins espérons", a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'armée sud-soudanaise, Philip Aguer, peu après 15H00 GMT, accusant néanmoins l'artillerie soudanaise d'avoir bombardé des positions militaires sud-soudanaises dans la matinée.
Cela ne signifie pas que Khartoum a accepté de cesser le feu, a-t-il tenu à souligner, ajoutant que ses troupes s'attendaient à une offensive soudanaise.
L'armée soudanaise n'a de son côté fait état d'aucun affrontement.Les troupes soudanaises ne mènent plus aucune opération militaire "à l'intérieur du Soudan du Sud", a assuré peu avant l'expiration de l'ultimatum de l'ONU, le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères, Al-Obeid Meruh.
"Mais sur notre territoire, nous combattrons jusqu'à ce que les troupes du Soudan du Sud se retirent" de zones considérées par le Soudan comme partie intégrante de son sol, a-t-il néanmoins averti.
Problème: le tracé de la frontière entre les deux pays, toujours pas démarquée, dix mois après la proclamation de l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011, et dont de nombreuses zones sont revendiquées par les deux Etats, est l'une des causes principales des tensions et des affrontements actuels.
Peu auparavant, le porte-parole de l'armée soudanaise avait souligné que Khartoum s'était "engagé à respecter la résolution du Conseil de sécurité en arrêtant les hostilités", tout en accusant le Soudan du Sud d'avoir "toujours une présence à l'intérieur" du territoire soudanais.
"Cela signifie qu'eux n'ont pas cessé les hostilités", avait ajouté Sawarmi Khaled Saad, affirmant que le Soudan du Sud occupait encore deux zones le long de la frontière avec la province soudanaise du Darfour.
Khartoum avait déjà formulé la veille des accusations similaires et s'était réservé le droit de se défendre en cas d'"agression".
Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité, mercredi peu avant 15H00 GMT, une résolution exigeant du Soudan et du Soudan du Sud qu'ils cessent les hostilités dans les 48 heures et résolvent leurs différends sous trois mois.
Le texte demande aussi une reprise des négociations Nord-Sud sous l'égide de l'Union africaine (AU) d'ici au 16 mai.
Les mesures envisagées en cas de non-respect de cette injonction sont non-militaires, et pourraient prendre la forme de sanctions économiques ou de ruptures de relations diplomatiques.
Vendredi, depuis la Chine où elle effectue une visite officielle, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a aussi réitéré son appel au Soudan pour qu'il cesse ses bombardements sur le Sud, dénoncés par Juba.
Des combats, d'une ampleur sans précédent depuis l'indépendance du Soudan du Sud, ont opposé depuis fin mars les armées des deux pays à la frontière des Etats soudanais du Kordofan-Sud et sud-soudanais d'Unité.
L'escalade fait craindre une guerre à grande échelle entre les deux voisins, qu'ont déjà opposé plusieurs décennies de guerre civile jusqu'à un accord de paix en 2005.La dernière vague du conflit civil, de 1983 à 1995, a fait quelque deux millions de morts.
Tant Khartoum que Juba ont affirmé être déterminés à faire la paix.Mais signe de l'extrême tension qui persiste, les armées des deux pays restent retranchées sur leurs positions le long de leur frontière contestée.
Les tensions Nord-Sud sont persistantes depuis l'indépendance de Juba, en raison de différends jamais réglés tels que, outre le tracé de la frontière, les ressources pétrolières ou le statut de zones contestées.Les deux capitales s'accusent aussi mutuellement de soutenir une rébellion sur le sol de l'autre.
La crise a culminé en avril quand l'armée sud-soudanaise s'est emparé durant une dizaine de jours d'Heglig, une zone pétrolière à la frontière de l'Unité et du Kordofan-Sud.
Cette zone est stratégique pour Khartoum: le Soudan, qui a perdu les trois quarts de ses ressources de brut à la partition du pays, tirait du champ d'Heglig la moitié de sa production de pétrole avant les récents affrontements.
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