Les forces somaliennes se préparent à l'assaut d'Afgoye, bastion shebab

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MOGADISCIO (AFP) - (AFP)

Les forces pro-gouvernementales somaliennes continuaient mercredi d'avancer vers le bastion islamiste shebab de Afgoye, au nord-ouest de Mogadiscio, dans une offensive qui suscite l'inquiétude pour les centaines de milliers de déplacés réfugiés dans la zone, ont rapporté des témoins.

"Les combats de mardi ont juste servi à préparer le terrain pour la grande bataille," a indiqué à des journalistes le commandant militaire somalien Abdikarin Yusuf Dhegobadan.

De fait, des soldats de l'armée somalienne et de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), soutenus par des chars et des véhicules blindés, progressaient mercredi vers Afgoye, sans susciter de nouveaux combats contrairement à la veille, ont rapporté à l'AFP des habitants sur place.

Les forces progrouvernementales se trouvaient à 13 km de Mogadiscio, et à une distance à peu près équivalente de Afgoye, selon ces témoins.

L'Amisom a assuré dans un communiqué avoir "fait des progrès significatifs ces dernières 24 heures vers la ville d'Afgoye (...) carrefour stratégique pour les routes du nord, de l'ouest et du sud de la Somalie".

"Nos forces ont conquis plusieurs secteurs, nous continuons d'avancer et nous serons très bientôt à Afgoye", a assuré Mohamed Ibrahim, un commandant de l'armée somalienne.

Les shebab affirment au contraire avoir repoussé l'offensive lancée mardi par des centaines de soldats somaliens, appuyés par l'Amisom.Le couloir d'Afgoye, qui débute aux portes de Mogadiscio, abrite des centaines de milliers de déplacés somaliens, victimes de la récente sécheresse et des combats incessants.

"L'ennemi a attaqué nos positions près de la piste d'atterrissage de Deynile (banlieue de Mogadiscio qui ouvre sur le couloir de Afgoye), mais, grâce à Dieu, les moudjahidine ont répliqué férocement," a affirmé Cheikh Abdulaziz Abu Musad, porte-parole des shebab, un mouvement récemment intégré à Al-Qaïda.

Les rebelles disent avoir infligé des pertes aux forces pro-gouvernementales, avoir notamment blessé et tué des "commandants militaires occidentaux" qui ont été "évacués de la zone de combat par hélicoptère".L'affirmation n'a pas été recoupée dans l'immédiat, des témoins disant au plus avoir vu deux à trois morts dans chaque camp à l'issue des combats de mardi.

En attendant, les Nations unies ont de nouveau mis en garde contre les atteintes à la sécurité des nombreux déplacés de la région.

"Je réitère mon appel à toutes les parties pour qu'elles s'efforcent de minimiser l'impact du conflit sur les civils et permette un accès humanitaire total aux personnes dans le besoin," a déclaré le coordinateur humanitaire de l'ONU pour la Somalie, Mark Bowden.

"A ce stade, nous n'avons pas entendus parler de mouvements significatifs de la population qui se trouve dans le couloir," a-t-il ajouté."Mais je m'inquiète du risque qu'une escalade des hostilités ou une opération prolongée entraîne des déplacements, mette encore plus de pression sur les capacités d'accueil à Mogadiscio ou prive la population de l'aide vitale dont elle a besoin".

L'Amisom a de son côté demandé à la population d'éviter les déplacements, espérant que la population pourrait bientôt rentrer chez elle à Mogadiscio.

Ces derniers mois, des milliers de civils avaient déjà fui Deynile pour Mogadiscio, dans la perspective de cet assaut pro-gouvernemental.De nombreux shebab s'étaient retirés dans la zone après avoir été chassés de la capitale par l'Amisom et l'armée somalienne en août 2011.

Après leur retrait de la capitale l'été dernier, les insurgés islamistes ont continué à y mener des attaques de type guérilla et les forces pro-gouvernementales tentent depuis plusieurs mois d'étendre leur contrôle sur les abords de la ville.

Les rebelles shebab contrôlent encore de grandes parties du centre et du sud de la Somalie.Mais ils y sont de plus en plus affaiblis, pris dans l'étau d'une offensive militaire régionale depuis l'intervention, fin 2011, des armées kényane et éthiopienne dans la région.Ils chercheraient désormais à ouvrir un nouveau front plus au nord, vers la région autoproclamée autonome du Puntland.

La Somalie est rongée par plus de 20 ans de guerre civile, sans gouvernement effectif depuis la chute du président Siad Barre en 1991.

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