Les révoltes populaires du Printemps arabe sont "une source d'inspiration" pour la planète entière, estime jeudi le département d'Etat dans son rapport annuel sur la situation des droits de l'homme dans le monde, qui étrille la Chine, où ces droits "se dégradent".
"Il reste beaucoup à faire.Dans trop de pays, les autorités musellent encore les aspirations de leurs concitoyens", a lancé la secrétaire d'Etat Hillary Clinton lors de la présentation du texte à Washington.
Mais le rapport se veut résolument optimiste à l'heure d'apprécier la portée du Printemps arabe, parti de Tunisie en décembre 2010.
"Les désirs de changement observés en Tunisie, en Egypte, en Libye, au Yémen et en Syrie sont une source d'inspiration.Et pourtant, le changement engendre l'instabilité, avant de céder la place à un plus grand respect de la démocratie et des droits de l'homme", juge le département d'Etat."Les images de manifestants, dénués de toute peur, prêts à risquer leur vie pour s'opposer à des gouvernements qu'ils jugeaient illégaux, ont été une source d'inspiration pour le monde entier", écrit-il.
Mise à part la Syrie, les révoltes populaires tunisienne, égyptienne, libyenne et yéménite sont parvenues à faire chuter des dirigeants en place pour certains depuis plusieurs dizaines d'années.Et, comme le souligne le rapport de la diplomatie américaine, "il faudra du temps pour que se créent des partis politiques aux aspirations diverses, une société civile solide, un climat propice à la liberté d'expression ainsi qu'une culture politique transparente".
- Bonnes nouvelles en Birmanie -
Au chapitre des bonnes nouvelles figure également la Birmanie, selon le département d'Etat, où un gouvernement civil a succédé à la junte en mars de l'an dernier, mais demeure contrôlé par les militaires.
Le gouvernement birman "va vers plus d'ouverture, de démocratie: autant d'attributs qui peuvent mener à davantage d'innovation, de prospérité et de pluralisme", croit le département d'Etat.Hillary Clinton a effectué en décembre dernier une visite historique en Birmanie, dans le cadre des efforts américains visant à encourager des réformes politiques.
A l'aune des droits de l'homme, les Etats-Unis sont en revanche bien plus critiques envers la Chine, leur partenaire, mais aussi grand rival.
"En Chine, les droits de l'homme se dégradent, notamment en ce qui concerne les libertés d'expression, de réunion et d'association", note le département d'Etat.
"Le gouvernement a redoublé d'efforts pour faire taire les militants politiques et a eu recours à des procédures extra-judiciaires", pointe la diplomatie américaine.Les forces chinoises "auraient, selon des informations, procédé à des exécutions arbitraires et illégales".
Le rapport sur les droits de l'homme se penche sur l'année écoulée et ne comprend donc pas l'épisode de fortes tensions des dernières semaines né du séjour de l'opposant aveugle Chen Guangcheng à l'ambassade américaine de Pékin, puis son départ pour New York la semaine dernière.
Egalement dans la ligne de mire de Washington: le Soudan, dont le président Omar el-Béchir fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI).Khartoum viole les droits de ses citoyens, mais ces abus, note Washington, "ne sont pas punis".
En Iran, le gouvernement "prive ses citoyens des droits de l'homme, des libertés d'expression, de réunion, d'association, de mouvement et de religion", estime enfin le département d'Etat.
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