Le Soudan et le Soudan du Sud vont reprendre le 29 mai leurs négociations suspendues après des semaines de combats et de tensions à leur frontière commune, a annoncé jeudi le ministère soudanais des Affaires étrangères.
Le Soudan du Sud s'était déjà dit prêt à reprendre les pourparlers, accusant Khartoum de traîner les pieds.
Le Soudan a reçu une lettre du médiateur en chef pour l'Union africaine (UA), Thabo Mbeki, indiquant que les négociateurs en chef des deux parties allaient se rencontrer le 29 mai à Addis Abeba, a annoncé le porte-parole des Affaires étrangères soudanaises, Al-Obeid Meruh.
Dans cette lettre, M. Mbeki précise que les négociations porteront sur la mise en place de la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU du 2 mai et d'une résolution similaire de l'UA.
La résolution de l'ONU exigeait, sous peine de sanctions, la fin des combats dans les 48 heures, un retrait des deux armées des zones disputées et une reprise rapide des négociations entamées sous l'égide de l'UA afin de régler les différends entre les deux pays dans un délais de trois mois.
"Les deux parties ont déjà commencé à appliquer la résolution et la feuille de route.La rencontre (de mardi) portera sur les progrès dans la mise en oeuvre", a précisé M. Meruh à l'AFP.
Le Soudan et le Soudan du Sud ne parviennent pas à s'entendre sur plusieurs questions délicates laissées en suspens lors de la partition de juillet 2011, à l'issue d'une guerre civile dévastatrice (1983-2005) qui a fait plus de deux millions de morts.
La montée progressive des tensions a abouti à des combats meurtriers fin mars puis en avril, quand l'armée sud-soudanaise a occupé pendant une dizaine de jours la zone frontalière de Heglig, principal site pétrolier du Nord, ce qui a poussé Khartoum à se retirer de pourparlers déjà en difficulté.
Parallèlement, Juba a accusé l'aviation soudanaise de bombardements meurtriers en territoire sud-soudanais, ce que Khartoum a régulièrement démenti.
Depuis l'arrêt des combats, malgré la poursuite des raids de l'aviation soudanaise selon Juba, M. Mbeki a multiplié les allers-retours entre Khartoum et Juba pour tenter de relancer les discussions.
Parmi les sujets de contentieux entre Juba et Khartoum figurent surtout le tracé de la frontière commune, et donc le sort de zones disputées, ainsi que le partage des revenus pétroliers: le Sud a hérité des trois-quarts des réserves de brut mais dépend entièrement des infrastructures du Nord pour exporter.
Khartoum accuse également Juba de soutenir des groupes rebelles qui luttent depuis l'été 2011 contre l'armée soudanaise dans les régions frontalières du Kordofan-Sud et du Nil Bleu.Juba dément tout lien avec ces rebelles et accuse en revanche le Soudan de soutenir des rebelles au Soudan du Sud.
M. Mbeki avait annoncé mardi à Khartoum que les négociateurs allaient "examiner tous les éléments des décisions prises par l'Union africaine et le Conseil de sécurité de l'ONU".
Dans leurs résolutions, l'ONU et l'UA préconisent le respect d'une "zone frontalière démilitarisée sûre" de 10 km et l'activation d'un "mécanisme conjoint de vérification et de surveillance" de cette frontière contestée.
Dans une nouvelle résolution, le Conseil de sécurité a réitéré son ultimatum et exigé du Soudan "qu'il retire immédiatement et sans conditions" ses soldats et policiers de la région frontalière contestée d'Abyei, dont le Soudan du Sud s'est déjà retiré, selon le texte.
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