Le Soudan et le Soudan du Sud ont repris mardi à Addis Abeba des pourparlers de paix interrompus début avril après de violents combats à leur frontière commune, a constaté une journaliste de l'AFP.
Les négociateurs en chef pour le Soudan, Idriss Mohammed Abdel Qadir, et celui pour le Soudan du Sud, Pagan Amum, se sont rencontrés dans la capitale éthiopienne en fin d'après-midi, en présence du médiateur de l'Union africaine, l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, et de l'émissaire américain pour le Soudan et le Soudan du Sud, Princeton Lyman, selon la journaliste de l'AFP.
La durée de ce nouveau round de négociations, qui se prolongent d'habitude plusieurs jours, est pour l'instant inconnue.
Les pourparlers entre Khartoum et Juba sont destinés à régler les différends toujours en suspens plus de dix mois après l'accès à l'indépendance du Soudan du Sud.
Ils interviennent malgré de nouvelles accusations, mardi, de bombardements soudanais sur trois Etats sud-soudanais -- ceux du Bahr el Ghazal occidental, du Bahr el Ghazal Nord et de l'Unité.
"Aujourd'hui, alors que nous discutons, ils nous bombardent," avait déclaré Pagan Amum avant la reprise des discussions.Mais "nous assisterons (aux pourparlers) quoi qu'il arrive," avait-t-il poursuivi.
Dans une déclaration diffusée par l'agence officielle soudanaise Suna, la délégation du Nord a de son côté réaffirmé l'attachement de Khartoum à la "paix et la stabilité entre les deux pays et la région".
Avant la reprise des pourparlers, en signe de bonne volonté, le Soudan s'est dit prêt à se retirer de la région contestée d'Abyei.Mais Khartoum entend en échange obtenir la garantie que cette zone grande comme le Liban soit reconnue comme partie intégrande de son territoire.
C'est une brève conquête par l'armée sud-soudanaise du plus important puits de pétrole soudanais, celui de Heglig, et une série de bombardements soudanais en territoire sud-soudanais qui ont mis le feu au poudre ces dernières semaines.
Khartoum a claqué la porte des négociations début avril et jamais depuis l'accès à l'indépendance du Sud en juillet 2011 les deux voisins n'ont semblé si proches d'un nouveau conflit ouvert.
Avant les accords de paix de 2005, qui ont ouvert la voie à la partition du Soudan, Juba et Khartoum se sont livré des décennies de guerre civile.La dernière vague du conflit, entre 1983 et 2005, a fait quelque 2 millions de morts.
Sous la pression internationale -- du Conseil de sécurité de l'ONU et de l'Union africaine, qui joue les médiateurs dans la crise soudanaise --, les deux parties ont finalement accepté la semaine dernière de reprendre le dialogue.
Juba et Khartoum revendiquent toutes deux le contrôle d'Abyei.Mais elles s'opposent aussi sur le partage des ressources pétrolières du Soudan d'avant la partition -- le Sud a hérité des trois quarts des réserves de brut du pays mais reste tributaire du Nord pour exporter -- et s'accusent mutuellement de soutien à des groupes rebelles sur le sol de l'autre.
La démarcation de la frontière Nord-Sud n'a jamais, non plus, été finalisée.
L'objet immédiat des négociations est d'obtenir un engagement clair des deux pays à respecter une zone démilitarisée à la frontière.En cas de succès, les discussions pourraient aborder les autres points de contentieux.
En attendant, les agences humanitaires ne cessent d'attirer l'attention sur le sort des civils vivant dans les zones frontalières et des dizaines de milliers de Soudanais et Sud-Soudanais qui, les uns et les autres bloqués sur le territoire voisin, attendent depuis des mois de pouvoir rentrer chez eux.
Au moins 350.000 Sud-Soudanais se trouvent encore au Nord, et des milliers de Soudanais au Sud.
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