La Tunisie lance une opération séduction en France, mais les médias dérangent

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PARIS (AFP) - (AFP)

La Tunisie se réjouit du retour progressif des touristes français après une année 2011 dramatique, mais déplore que les médias français se fassent autant l'écho des violences commises par certains salafistes radicaux, qui ternissent le décor de sa campagne de reconquête.

Le ministre tunisien du Tourisme, Elyès Fakhfakh, en visite de promotion cette semaine à Paris, a déploré auprès de l'AFP la couverture exagérée à ses yeux par des médias français des troubles commis par des salafistes radicaux, qui ont attaqué récemment en Tunisie des débits d'alcool et incendié des postes de police.

"Il y a une focalisation des médias français sur ce problème, qui est réel mais minoritaire.Les médias français surdimensionnent ce phénomène.C'est une pression défavorable.On compte environ 10.000 salafistes en Tunisie mais il y a seulement quelques centaines de salafistes jihadistes...", dit le membre du parti Ettakatol, de centre-gauche."Vous savez, il y a plus de salafistes en France qu'en Tunisie".

"La vérité, c'est qu'il n'y a pas de problème sécuritaire en Tunisie et qu'il n'y a pas de raison pour les Français de s'inquiéter", ajoute le ministre, en soulignant que "jamais les touristes n'ont été ciblés".

Depuis le début de l'année, la Tunisie s'est lancée dans une vaste opération de séduction pour faire revenir les touristes, notamment les Français qui constituent de loin sa clientèle principale mais dont la fréquentation a reculé de 40% l'an dernier, dans la foulée de la révolution tunisienne et du printemps arabe.

Après 7 millions de touristes en 2010 mais seulement 4,8 millions en 2011, l'objectif de la Tunisie est de remonter à 6 millions, dont 1,1 million de Français.Elle espère ainsi récupérer la moitié des Français perdus (1,4 million en 2010 mais moins de 800.000 en 2011).

- 7% du PIB -

A peine nommé, le ministre tunisien du Tourisme s'était empressé de venir en France en février pour prêcher la bonne parole, convaincu que la clientèle française jouera un rôle important dans le redressement de l'économie tunisienne mal en point, et dans laquelle le tourisme pèse 7% du PIB.

"En France vous dites que quand le bâtiment va, tout va.En Tunisie, quand le tourisme va, tout va", dit Elyès Fakhfakh.

Mais pour l'instant, une vingtaine d'hôtels sont toujours fermés (sur 856), certains bradent leurs prix et 3.500 emplois ont disparu dans le secteur.

Au Salon du tourisme à Paris en mars, la Tunisie était représentée en force pour séduire le chaland.

De fait, les réservations ont redémarré très nettement ces derniers mois, selon les tour-opérateurs, même si elles ont été plus lentes à reprendre que pour les Allemands, les Britanniques, les Belges ou les Russes.

La fréquentation des Français est remontée de 45% sur les quatre premiers mois de 2012, se félicite Elyès Fakhfakh.

Pour augmenter ses chances, la Tunisie compte diversifier son offre.

A côté des traditionnels séjours balnéaires à prix très concurrentiels, elle veut miser sur un tourisme diversifié: plus de culture et d'écologie, de plaisance avec les 130 ports de pêche, de bien-être (thalassothérapie...) ou encore de sport (golf...) Chacun de ces marchés doit faire l'objet d'une stratégie propre de développement et de marketing.

"Il faut diversifier pour cibler de nouvelles clientèles, et pour cela on s'organise", relève Amel Hachani, qui dirige l'Office du tourisme tunisien en France.

L'association Edhiafa s'est ainsi créée pour fédérer des chambres et maisons d'hôtes à travers la Tunisie."La majorité de nos clients sont français mais on a aussi des Belges, des Suisses, et ça plaît énormément aux Américains", a dit à l'AFP son président, Sehl Zargouni.

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