Le seul des six accusés somaliens de la prise d'otages du voilier français Le Ponant à reconnaître être un pirate s'est décrit vendredi comme un simple exécutant, lors de son interrogatoire par la cour d'assises de Paris.
Six Somaliens sont jugés jusqu'à la mi-juin pour la prise d'otages en avril 2008 des 30 membres d'équipage de ce luxueux voilier, libérés sains et saufs au bout d'une semaine contre une rançon de 2,15 millions de dollars.
Seul à reconnaître sa participation, Ismaël Ali Samatar, 31 ans, a expliqué qu'il était un pêcheur de langoustes, père de deux enfants, qui gagnait dans le meilleur des cas l'équivalent de quatre dollars par jour.
Il a dit être parti "pour aller pêcher" avec une douzaine d'autres hommes à bord de deux barques à moteur, quand ils ont croisé près de la côte somalienne un bateau de pêche yéménite.
Sous les ordres d'un certain Sanjab, décrit comme un des chefs mais qui n'a pas été interpellé, ces hommes auraient décidé d'arraisonner ce bateau car il se trouvait "dans leur zone de pêche".
Puis plusieurs se seraient lancés à l'assaut du Ponant qui passait au large, Ismaël Ali Samatar restant dans un premier temps à bord du bateau yéménite, et rejoignant les autres une fois l'assaut terminé, a-t-il dit.
Pour expliquer que les pêcheurs étaient partis armés de kalachnikov, il a parlé de "l'insécurité en Somalie"."On pouvait être attaqués à tout moment par d'autres, y compris en mer".
"Vous partez à la pêche avec des kalachnikov, mais aussi avec un lance-roquette, des échelles?", a objecté l'avocat général, Bruno Sturlese.
Ali Samatar a assuré n'avoir compris que plus tard, "en y réfléchissant beaucoup notamment en prison", que "Sanjab et les autres avaient tout planifié", assurant que lui ne savait rien au départ.
Il a dit avoir été chargé à bord du Ponant de tâches subalternes, notamment celle d'accompagner les otages aux toilettes, sa part de la rançon ayant été de 37.000 dollars.
Ismaël Ali Samatar dit "qu'il était un simple pêcheur, pirate par opportunité", a ironisé devant la presse Me Michel Quimbert, avocat des parties civiles.
"Il nous a expliqué (...) que par hasard, on trouve avec eux du matériel de guerre, aussi par hasard des échelles adaptées" pour l'abordage."Tout ça évidemment est totalement dépourvu de crédibilité", a estimé cet avocat.
Un autre accusé, Daher Guled Said, a admis être monté à bord du Ponant, mais pour y "vendre des cigarettes et du khat" aux pirates.
"Le premier jour", ces derniers lui ont également demandé de remplacer "pendant quelques heures" l'un des "gardes", a-t-il dit, précisant avoir perçu au total 11.700 dollars.Il a dit avoir vu un autre accusé, Mohamed Saïd Hote, "vendre des chèvres" à bord du voilier, pour la même somme.
Les interrogatoires doivent se poursuivre la semaine prochaine.Les trois autres accusés se disent totalement étrangers à l'opération.
Tous les six ont été arrêtés à terre par les forces spéciales françaises qui avaient pris en chasse les pirates après la libération des otages.Ils se trouvaient dans un 4X4 avec des armes et une partie de la rançon.
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