Afrique du Sud: décès du grand paléoanthropologue Phillip Tobias

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JOHANNESBURG (AFP) - (AFP)

Le paléoanthropologue sud-africain Phillip Tobias, une sommité mondiale dans les domaines de l'évolution humaine et de l'étude des fossiles d'hominidés, est décédé jeudi à l'âge de 86 ans à Johannesburg, a annoncé l'université de Witwatersrand à Johannesburg.

Officiellement retraité depuis 1993 mais resté très actif, Philipp Tobias est l'un des pionniers des travaux sur les sites d'hominidés fossiles, notamment les grottes de Sterkfontein (nord-ouest de Johannesburg), classées au patrimoine de l'Unesco.

C'est dans ce lieu qu'a été mis au jour "Little foot", le plus ancien et le plus complet des squelettes d'australopithèque jamais découvert et dont la datation le fait remonter à plus de 4 millions d'années.

Né à Durban le 14 octobre 1925, Tobias aura gardé jusqu'à la fin de sa vie une curiosité intacte et sans limite pour la génétique, l'histoire et la théologie.

Homme de science, Philipp Tobias était adulé par ses étudiants, mais aussi apprécié pour ses qualités humaines et ses talents de pédagogue.

En 2002, il anima une série télévisée à succès en six épisodes consacrée à la génétique, l'anatomie et la primatologie.

Etudiant en médecine à partir de 1944, Phillip Tobias s'orienta vers la génétique, enseigna la physiologie et l'histoire avant de se spécialiser en anthropologie, génétique humaine, anatomie dentaire et évolution.

En collaboration avec Louis Leakey (1903-1972) et John Napier, il a identifié, décrit et nommé l'espèce Homo habilis, annoncée dans la revue Nature en 1964, et ancêtre de l'Homo sapiens sapiens.

Des recherches menées à l'époque sans le moindre soutien ni encouragement des autorités de l'apartheid.Des années "très difficiles", confiait-il dans une interview à l'AFP en 2006, ironisant à demi-mots sur ceux qui choisirent de combattre le régime nationaliste et raciste depuis l'étranger, lui-même préférant lutter de l'intérieur.

C'est lui qui pilota au nom de l'Afrique du Sud les négociations avec la France pour rapatrier en 2002 des restes de la "Vénus hottentot" -- une femme bushmen née Saartje Bartmann, amenée au début du XIXe siècle en Europe comme objet de curiosité ethnologique et sexuelle, et disséquée après sa mort par le Musée de l'Homme à Paris.

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