Des émissaires de la Cour pénale internationale, dont un avocat, ont pu rencontrer mardi à Zenten, dans l'ouest de la Libye, une équipe de la CPI accusée par Tripoli d'espionnage et détenue depuis jeudi, a indiqué un responsable à l'AFP.
"La délégation de la CPI est arrivée à Zenten et a rendu visite à ses collègues", a déclaré à l'AFP Ahmed al-Jehani, le représentant de la Libye à la CPI.
Quatre membres du personnel de la CPI, dont l'avocate australienne Melinda Taylor qui fait partie de l'équipe de défense de Seif al-Islam Kadhafi, le fils de l'ex-dirigeant Mouammar Kadhafi, sont détenus depuis jeudi à Zenten (170 km au sud-ouest de Tripoli) où ils s'étaient rendus pour le rencontrer.
Une délégation de la Cour est arrivée à Tripoli dimanche pour négocier leur libération.
"Ils ont eu quelques problèmes pour entrer dans Zenten au début, mais ils ont finalement été autorisés" à rencontrer leurs collègues, a précisé M. Jehani, ajoutant que la délégation était accompagnée des ambassadeurs d'Australie, du Liban, de la Russie et de l'Espagne.
Ajmi al-Atiri, chef de la brigade de Zenten qui détient l'équipe de la CPI dans une prison "sous contrôle du ministère de la Défense" selon lui, a affirmé que la délégation était arrivée sans autorisation.
"Le convoi de la CPI est arrivé par la route sans les autorisations nécessaires, donc nous ne les avons pas laissés rentrer", a-t-il ajouté.
Des négociations ont ensuite eu lieu et après envoi par le ministère de la Défense de documents, la délégation a finalement été autorisée à entrer.
Selon la brigade, Mme Taylor est accusée d'espionnage après avoir tenté d'échanger des documents avec Seif al-Islam, représentant une "menace à la sécurité nationale".Ces accusations ont été relayées par des sources judiciaires et gouvernementales à Tripoli.
Seif al-Islam, arrêté en novembre par la brigade de Zenten, fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI pour crimes contre l'humanité commis pendant la révolte qui a provoqué la chute, puis la mort, du colonel Kadhafi en 2011.
Selon les ex-rebelles de Zenten, Melinda Taylor avait une lettre codée d'un des hommes les plus recherchés par la justice libyenne, Mohammed Ismaïl, ancien bras droit de Seif al-Islam.
L'interprète libanaise Hélène Assaf, qui travaille pour la CPI depuis 2005, est elle détenue comme "complice", selon M. Jehani.
Des informations contradictoires circulent sur le sort des deux autres personnes, le Russe Alexander Khodakov et l'Espagnol Esteban Peralta Losilla.
La CPI a affirmé qu'ils étaient en détention comme leurs collègues.Le bureau du procureur général et le commandant Ajmi al-Atiri ont confirmé à l'AFP qu'ils se trouvaient tous quatre en prison.
Mais M. Jehani a réaffirmé que les deux hommes étaient là en solidarité avec leurs collègues, insistant sur le fait qu'ils "peuvent partir quand ils veulent".
Il s'est dit "optimiste" sur le fait que la totalité de l'équipe puisse repartir bientôt après des "rencontres positives" au ministère des Affaires étrangères."J'espère qu'une solution sera trouvée très vite", a-t-il affirmé.
Le personnel de la CPI a été placé dimanche en détention préventive pour 45 jours, selon un responsable du bureau du procureur général.La CPI a réclamé leur "libération immédiate".
Les autorités libyennes, qui refusent de livrer Seif al-Islam à la CPI, tentent depuis des semaines de convaincre la brigade de Zenten de leur remettre Seif al-Islam afin de le juger.
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