Les organisations humanitaires au Soudan du Sud sont débordées par l'afflux de plus de 150.000 réfugiés ayant fui vers le sud les bombardements et la faim dans les Etats soudanais frontaliers, a indiqué mardi le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).
"Notre capacité à répondre à cette urgence est mise à l'épreuve chaque jour et portée à de nouveaux sommets", a déclaré Mireille Girard, représentante du HCR au Soudan du Sud.
Elle a expliqué que les réfugiés arrivaient de plus en plus épuisés et mal nourris, nécessitant "des efforts urgents et ininterrompus".
"Les gens montrent des taux de malnutrition plus importants qu'auparavant", a-t-elle souligné.
Selon le HCR, à la fin mai, 4.000 réfugiés arrivaient dans les camps chaque jour de l'Etat soudanais frontalier du Nil Bleu.Les arrivées quotidiennes en provenance de celui du Kordofan-Sud ont grimpé à 800 contre 80 en février.
L'armée soudanaise combat dans ces deux Etats les rebelles de l'aile Nord du Mouvement de populaire de libération du Soudan (SPLM-N), que Khartoum accuse le Soudan du Sud, indépendant depuis juillet, de soutenir malgré ses dénégations.
Khartoum cherche à asseoir son autorité dans cette région, dont une partie de la population a combattu au côté des rebelles sudistes du SPLM pendant la guerre civile (1983-2005) qui a conduit à la partition.
Les agences humanitaires se sont vu refuser l'accès à ces deux régions, malgré leurs cris d'alarme sur les risques de famine.
Le HCR a récemment déplacé 8.000 personnes de Hofra, un point de transit dans l'Etat sud-soudanais frontalier du Haut-Nil, où 32.000 réfugiés du Nil Bleu se sont installés depuis mai, afin de faire de la place pour un afflux attendu dans la semaine.
"Ceux qui arrivent nous disent qu'il y a encore entre 10 et 15.000 personnes derrière eux", a prévenu Mme Girard.
L'ONG Médecins sans Frontières (MSF) a averti mardi de son côté que certains réfugiés du Nil Bleu étaient dans un état "désespéré".
Les réfugiés qui arrivent au Soudan du Sud, après un long et difficile périple à travers le Nil Bleu doivent souvent marcher sept heures de plus pour rejoindre les campements temporaires.
"Je vois des milliers de personnes marcher.Je ne suis sur le terrain que depuis deux heures et j'ai déjà vu trois morts", a déclaré mardi à l'AFP le coordinateur d'urgence de MSF Voitek Asztabski, depuis une clinique près d'Hofra.
La semaine dernière MSF a recensé sept décès dûs à la diarrhée et à la déshydratation.Les organisations humanitaires craigent qu'une sécheresse imminente aggrave encore la situation.
Le HCR a annoncé qu'elle déménageait 15.000 personnes du camps de réfugiés de Jamam, situé à une soixantaine de km au sud de la frontière et dont les puits sont asséchés depuis des mois, vers un nouveau site où les organisations humanitaires ont finalement trouvé de l'eau.
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