De nouvelles émeutes ont éclaté mardi dans la ville de Kaduna (nord du Nigeria), où le couvre-feu de 24 heures imposé dimanche après des attentats anti-chrétiens et des émeutes ayant fait 52 morts, a été prolongé mardi, a-t-on indiqué de source officielle.
"En raison de nouveaux défis à la sécurité survenus aujourd'hui (mardi), le gouverneur a réimposé un couvre-feu de 24 heures dans tout l'Etat" de Kaduna, a précisé un communiqué officiel, alors que des habitants et un responsable de la Croix Rouge signalaient de nouvelles violences mardi dans la ville de Kaduna.
Dimanche, des attentats ont visé trois églises à Kaduna et Zaria, les deux principales villes de la province, et provoqué des représailles de jeunes chrétiens, dont le bilan officiel est de 52 morts et 150 blessés.Le groupe islamiste Boko Haram a revendiqué ces attaques.
Mardi, ce sont des musulmans, pour la plupart des familles des victimes des émeutes de dimanche, qui ont laissé éclater leur colère car ils n'avaient pu récupérer les corps de leurs proches, selon des habitants du quartier musulman de Tudun Wada.
Renvoyés de la morgue communale, ils ont commencé à manifester "leur mécontentement dans les rues (...).Des magasins appartenant à des chrétiens ont été incendiés, et des chrétiens ont été pris à partie", a raconté un témoin, Habibu Ladan, précisant que des soldats s'étaient rapidement déployés dans la zone.
Selon le porte-parole local de la Croix rouge, Nwakpa O. Nwakpa, "une alerte a été diffusée il y a quelques minutes sur des émeutes en cours" dans la ville de Kaduna.
Un couvre-feu de 24 heures avait été imposé dans toute la province par les autorités locales immédiatement après les violences de dimanche.La mesure avait été partiellement levée lundi dans la journée.
Dans le centre-nord du Nigeria, Kaduna est la capitale de l'Etat éponyme et compte une importante population chrétienne.
Plus au nord-est du pays, à Damaturu, capitale de l'Etat de Yobe, les habitants restaient mardi confinés dans leurs maisons, au lendemain d'affrontements entre forces de l'ordre et membres présumés de Boko Haram.
Le bilan de ces violences n'est pas encore connu, mais elles ont causé un nombre indéterminé de victimes, selon un responsable local, alors que les rues de la ville restaient trop dangereuses mardi pour y permettre la libre circulation des services de secours.
"Nous sommes coincés à l'hôpital depuis hier (lundi).Nous ne pouvons pas sortir car ce n'est pas sûr dehors.(...) Il y a des corps dans les rues désertes", a ajouté la même source, s'exprimant sous couvert d'anonymat.
Selon le colonel Dahiru Abdussalam, commandant d'une force d'intervention pour l'Etat de Yobe, les violences ont début avec une tentative d'arrestation d'un membre présumé de Boko Haram.
D'autres militants du groupe ont alors riposté à l'arme automatique mais également avec des engins explosifs, a-t-il précisé.
Le président Goodluck Jonathan devait se rendre mardi à Rio pour y assister à la conférence de l'ONU sur le développement durable Rio+20.Son vice-président Namadi Sambo a rencontré dans la capitale Abuja les principaux responsables de la sécurité du pays.
Boko Haram multiplie depuis mi-2009 les attentats, notamment dans les villes du nord, qui ont fait plus d'un millier de morts.Ces attaques visent essentiellement les membres des forces de sécurité, les responsables gouvernementaux et les lieux de culte chrétiens.
Pays le plus peuplé d'Afrique avec quelque 160 millions d'habitants, le Nigeria est divisé entre un nord majoritairement musulman et un sud à dominante chrétienne plus riche grâce au pétrole.Il est régulièrement le théâtre de sanglantes violences inter-communautaires, notamment entre chrétiens et musulmans.
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