Les élections législatives de samedi en Libye pourraient porter les islamistes au pouvoir, comme cela a été le cas en Tunisie et en Egypte après le Printemps arabe, même si les libéraux conduits par les architectes de la révolution libyenne se disent confiants en leur victoire.
Avec plus de 100 partis en lice pour ce scrutin qualifié d'"historique" en Libye, après quatre décennies de dictatures, les pronostics sont difficiles.
Mais trois partis sortent clairement du lot: les islamistes du Parti de la justice et de la construction (PJC), issu des Frères musulmans, et ceux d'Al-Watan, dirigés par l'ex-chef militaire controversé de Tripoli Abdelhakim Belhaj, et les libéraux réunis dans une coalition lancée par l'ex-Premier ministre du Conseil national de transition (CNT, au pouvoir) Mahmoud Jibril.
"Nous n'avons pas de sondages.Donc nous n'avons aucune idée de notre puissance ou de notre état de faiblesse", a déclaré à l'AFP l'ancien ministre des Finances et du pétrole du CNT, Ali Tarhouni, dirigeant du Parti national centriste (PNC), qui fait partie de la coalition de M. Jibril.
Contrairement à lui, Mohammed Sawan, chef du PJC, a affirmé que son parti était fort de "bases populaires", discrétisant les "technocrates" libéraux.
"Nous pensons que le Congrès national a besoin d'un bloc solide, qui dispose du soutien populaire partout en Libye", a-t-il dit, estimant que faute de ce soutien, les technocrates auront de "grandes difficultés à diriger le pays".
Le PJC est de plus prêt à s'allier avec des partis "proches idéologiquement" pour former un bloc islamiste solide, a-t-il ajouté, évoquant Al-Watan ou le Front de salut national libyen, une organisation créée à l'étranger par des opposants en exil pendant le règne de Mouammar Kadhafi.
Islam, reconstruction, modernité
Malgré une concurrence rude des islamistes dans une société ultra-conservatrice, malgré aussi les déconvenues électorales de leurs homologues tunisiens et surtout égyptiens, la coalition de M. Jibril, qui réunit plus de 40 petits partis et 200 organisations, croit en ses chances.
Elle compte dans ses rangs des personnalités appréciées par une grande partie des Libyens, comme MM.Tarhouni et Jibril, pour avoir fait leur preuves durant le conflit qui a fait tomber le régime de Mouammar Kadhafi.
"Notre but est d'obtenir la majorité.Nous verrons plus tard si nous avons besoin d'alliances" avec d'autres blocs, a déclaré Faiçal al-Krekshi, secrétaire général de l'Alliance des Forces nationales, rejetant un éventuel clivage politique "naïf" entre islamistes et libéraux.
"Pour reconstruire la Libye, nous avons besoin d'experts et non d'un champs d'expériences", a-t-il dit, soulignant la faiblesse du gouvernement actuel et du CNT, dominés selon lui par les islamistes.
Sur les 200 sièges de l'assemblée nationale, 120 ont été réservés aux candidats individuels, et les 80 restants aux mouvements politiques.Mais ceci n'a pas empêché certains partis d'appuyer des candidats individuels.
Durant la campagne électorale, les candidats, islamistes ou libéraux, ont adopté quasiment les mêmes thèmes: islam, reconstruction et modernité.
Mais en l'absence de traditions démocratiques, ce sont surtout les réseaux relationnels et tribaux qui feront la différence.
"Aucun candidat n'a participé à des élections auparavant.Ils sont partis tous de la même ligne de départ", a rappelé Carlo Binda, directeur de la branche du National Democratic Institute (NDI) en Libye.
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