Un attentat suicide visant l'un des plus hauts dignitaires religieux au Nigeria a fait cinq morts à Maiduguri, capitale de l'Etat de Borno (nord) et base présumée de l'organisation islamiste Boko Haram, a indiqué un responsable de la police à l'AFP.
Le kamikaze, qui "visait des dignitaires religieux de retour des prières du vendredi, a été tué dans l'explosion", a précisé Bala Hassan, chef de la police de Borno."Cinq personnes ont été tuées", a-t-il ajouté.
Le plus haut dignitaire musulman de l'Etat, Umar Garbai el-Kanemi, était sans doute la cible de cette attaque, selon le vice-gouverneur Zannah Mustapha.
M. Mustapha a déclaré que ce dernier faisait partie du groupe qui stationnait devant la mosquée près de la résidence du dignitaire après les prières.
Un jeune homme d'à peu près 16 ans s'est approché du groupe et a actionné ses explosifs, éclaboussant de sang et de chair les vêtements du dignitaire, a raconté M. Mustapha.
Le jeune homme porteur de la bombe est mort dans l'explosion, en plus des cinq fidèles.
"C'est Dieu qui m'a sauvé et qui a sauvé aussi notre chef, nous devrions être morts à présent", a encore déclaré M. Mustapha.Il a précisé à l'AFP qu'il se trouvait près du dignitaire lorsque le porteur de bombe s'est approché et qu'ils n'ont échappé que de peu tous les deux à la mort.
Le lieutenant-colonel Sagir Musa de la Force militaire conjointe (JTF) à Borno a indiqué que l'explosion avait eu lieu à environ 14H10 GMT et que les deux soldats chargés de la garde de M. el-Kanemi avaient été "grièvement blessés" dans l'attaque.
Cet attentat n'a pas été revendiqué, mais le groupe Boko Haram a souvent manifesté sa haine du dignitaire, symbole de la tradition musulmane dans le nord du Nigeria et revendiqué l'assassinat en 2011 du frère de M. el-Kanemi.
Boko Haram a affirmé vouloir instaurer un Etat islamiste dans le nord du Nigeria et poursuit les leaders religieux musulmans pour que le gouvernement donne à ses membres l'autorité religieuse.
Il s'attaque également aux responsables gouvernementaux.
Dans un communiqué lundi, l'organisation avait affirmé: "Nous poursuivrons notre traque des responsables gouvernementaux où qu'ils soient.Ils ne connaîtront plus la paix".
L'organisation est présente au Nigeria depuis 2002, mais s'est lancée dans une campagne violente à la mi-2009.Depuis l'été 2009, Boko Haram a revendiqué des attentats ayant fait plus de 1.000 morts.Son attaque la plus meurtrière a fait 185 morts le 20 janvier dernier à Kano.
L'escalade des violences dans le Nord et l'incapacité du gouvernement à y mettre fin a intensifé les critiques contre le président Goodluck Jonathan.
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