La Cour pénale internationale a lancé vendredi des mandats d'arrêt contre les deux principaux responsables des violences dans les Kivu (est de la République démocratique du Congo), le général mutin Bosco Ntaganda et le commandant suprême des rebelles des FDLR Sylvestre Mudacumura.
Les juges de la CPI ont délivré un mandat d'arrêt contre Bosco Ntaganda, 41 ans, pour trois chefs de crimes contre l'humanité, notamment meurtres et viols, et quatre chefs de crimes de guerre, commis dans les Kivu en 2002-2003.
Il faisait déjà l'objet d'un mandat d'arrêt pour enrôlement d'enfants soldats lancé en 2006, pour les mêmes crimes que le chef de milice congolais Thomas Lubanga, condamné mardi par la CPI à 14 ans de prison.
Les juges ont également lancé un mandat d'arrêt, pour neuf chefs de crimes de guerre, notamment meurtres, attaques contre la population civile et pillages commis en 2009 et 2010, contre le Rwandais Sylvestre Mudacumura, 58 ans, commandant suprême des rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Sur la base des éléments de preuve présentés par le bureau du procureur, les juges ont estimé qu'"il y a des motifs raisonnables de croire" que les deux hommes sont "responsables" de ces crimes, selon un communiqué de la CPI qui siège à La Haye.
"Ils sont tous deux les facteurs principaux d'instabilité dans la région", a déclaré à l'AFP Pascal Turlan, conseiller au bureau du procureur de la CPI.
"Ils utilisent les populations civiles pour obtenir des gains politiques, économiques et territoriaux grâce à leur pouvoir de nuisance et sont eux-mêmes utilisés par d'autres acteurs régionaux pour obtenir ces mêmes gains", souligne-t-il.
"Ils arguent qu'ils sont là pour défendre ces populations mais en réalité ils ne font que les violenter", affirme-t-il : "tant que des personnes comme ces deux-là ne comparaissent pas devant la justice, les populations civiles continuent d'être prises en otage d'un conflit qui n'a rien à voir avec elles".
Sylvestre Mudacumura, vice-président des FDLR et chef suprême des Forces Combattantes Abacunguzi (FOCA), leur branche armée, et Bosco Ntaganda, accusé par Kinshasa d'être à la tête d'une mutinerie en cours, se trouvent dans le Nord-Kivu, a-t-il précisé.
Le gouvernement congolais a immédiatement salué vendredi soir le mandat d'arrêt contre le Rwandais Sylvestre Mudacumura, le qualifiant de "très bonne nouvelle".
Le Rwanda a appelé de son côté la RDC et la force de l'ONU dans ce pays à arrêter sans tarder Sylvestre Mudacumura."La Monusco (force des Nations Unies en RDC) et l'armée congolaise l'ont toujours traité comme un copain, comme un collègue.Il faut qu'ils l'arrêtent maintenant", a déclaré à l'AFP Tharcisse Karugarama, le ministre rwandais de la Justice.
Selon l'organisation Human Rights Watch, Sylvestre Mudacumura est le commandant militaire des FDLR dans l'est de la RDC depuis 2003.
La République démocratique du Congo a ratifié le Statut de Rome, traité fondateur de la CPI, s'engageant ainsi à coopérer avec la Cour, qui ne dispose pas de force de police propre et compte sur les Etats pour lui livrer ceux qu'elles veut juger.
Des poursuites avaient été lancées par la CPI contre un autre haut responsable des FDLR, Callixte Mbarushimana, leur secrétaire exécutif, pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre dans les Kivu en 2009.
Considéré comme la "face respectable" des FDLR, Callixte Mbarushimana, arrêté en octobre 2010 à Paris et transféré à La Haye, avait été libéré en décembre 2011, les éléments de preuve présentés contre lui par l'accusation n'ayant pas été jugés assez solides par les juges>.
La CPI, créée en 2003, est le premier tribunal pénal international permanent chargé de juger les auteurs présumés de génocides, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.
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