Une Assemblée constituante a débuté ses travaux mercredi à Mogadiscio pour finaliser une nouvelle Constitution pour la Somalie, pays ravagé par plus de 20 ans de guerre civile et dont les institutions de transition doivent passer la main le 20 août.
La fin du mandat du gouvernement de transition somalien (TFG), accusé de corruption massive mais toujours soutenu par les pays occidentaux, est perçu comme une étape clé pour rétablir enfin une autorité centrale dans un pays sans gouvernement effectif depuis la chute du président Siad Barre en 1991.
Comme ses prédécesseurs, le TFG a été incapable, en huit ans d'exercice du pouvoir, de rétablir une quelconque autorité centrale dans le pays.
Les 825 membres de l'Assemblée constituante, désignés récemment par des chefs coutumiers dans le cadre d'un processus entériné par les Nations unies, doivent se retrouver pour neuf jours.Le texte qu'ils adopteront devra encore être soumis à référendum.
"Il est encourageant de voir que des progrès sont accomplis", a déclaré le représentant spécial de l'ONU pour la Somalie, Augustine Mahiga, dans une déclaration écrite diffusée avant le début des travaux.
"Cela représente un important progrès vers la fin de la transition et l'avènement de nouvelles institutions politiques pour un Etat stable et fonctionnel en Somalie, après 21 ans de conflit politique et civil," a-t-il poursuivi.
Des centaines de délégués ont gagné mercredi les locaux d'une ancienne académie de police, sous haute sécurité assurée par des soldats de l'Union africaine et des forces gouvernementales somaliennes, a constaté un journaliste de l'AFP.
Avant le début de la réunion, une ébauche de Constitution avait déjà été rédigée, qui servira de base aux travaux.Elle prévoit une République fédérale avec des lois compatibles "avec les principes généraux de la charia" (la loi islamique), le pluralisme politique et la présence de femmes dans toutes les institutions nationales.
Tous les citoyens, quels que soient leurs "sexe, religion, statut social ou économique (...) doivent avoir des droits et devoirs égaux devant la loi", poursuit le projet de document.
Le texte fait clairement du Somaliland une région à part entière de la Somalie.Mais la région auto-proclamée indépendante en 1991 refuse toujours de participer au processus.
Depuis 1991, le chaos politique en Somalie a favorisé la prise de pouvoir de clans, milices, insurgés islamistes ou encore groupes de pirates sur de plus ou moins grandes parties du territoire.
Avec l'appui de l'Union africaine, et de puissances régionales comme le Kenya et l'Ethiopie, les autorités de transition combattent actuellement les rebelles islamistes shebab.Ces derniers ont été sérieusement affaiblis ces derniers mois, mais contrôlent encore de larges parts du centre et du sud somaliens.
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