Les sept membres du Croissant-Rouge iranien enlevés mardi à Benghazi, dans l'est de la Libye, sont détenus et interrogés par une milice locale, a indiqué mercredi à l'AFP un responsable de la sécurité.
"Des membres de la brigade détenant les Iraniens sont en train de les interroger pour déterminer si leurs activités (...) visaient à prêcher la doctrine de l'islam chiite", a indiqué le responsable sous le couvert de l'anonymat.
Le chiisme, l'une des principales branches de l'islam, est vu par certains comme un culte hérétique en Libye, où la majorité de la population est de confession sunnite.
"Ils seront relâchés après la fin de l'interrogatoire", a-t-il ajouté, soulignant que "l'équipe est bien traitée et n'a pas été soumise à de mauvais traitements".
Le responsable n'a pas donné le nom de la brigade détenant les Iraniens mais a noté que ses membres étaient connus pour être des "islamistes extrémistes".
Wanas Sharif, un responsable au ministère de l'Intérieur, a confirmé que l'équipe du Croissant-Rouge iranien était "saine et sauve".
Le Croissant-Rouge libyen avait fait état mardi de leur enlèvement par des hommes armés et avait demandé leur libération.
La délégation était arrivée lundi en Libye à l'invitation du Croissant-Rouge libyen pour discuter "des perspectives de coopération dans le domaine de l'aide humanitaire", selon le Croissant-Rouge libyen.
Des associations de défense des droits de l'Homme s'alarment régulièrement des arrestations arbitraires menées par les milices composées d'ex-combattants anti-Kadhafi, ainsi que de leurs centres de détention secrets.
L'armée et la police n'étant toujours pas entièrement opérationnelles en Libye, ces milices en profitent souvent pour faire la loi dans le pays depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011.
Amnesty International a appelé mercredi à la libération des Iraniens.
Dans un communiqué, la directrice adjointe du département Moyen-Orient/Afrique du Nord, Hassiba Hadj Sahraoui, a par ailleurs exhorté la milice qui les détient à les autoriser à communiquer avec l'extérieur.
"Leur sort souligne la nécessité urgente pour les autorités libyennes de contenir les milices armées qui agissent en dehors de tout contrôle", a-t-elle ajouté.
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