Le chef de l'Etat ivoirien Alassane Ouattara a présidé mardi à Abidjan le défilé militaire marquant le 52e anniversaire de l'indépendance du pays, dans un climat de tension après des attaques ayant tué dix militaires depuis ce week-end.
Des détachements de la nouvelle armée mise en place depuis la crise politique de 2010-2011, les Forces républicaines (FRCI), ont défilé sur l'esplanade du palais présidentiel devant plusieurs centaines de personnes, le président de l'Union européenne (UE) Herman Van Rompuy en invité d'honneur, le gouvernement et de nombreuses personnalités.
Pour la fête nationale de cette ex-colonie française, un important dispositif sécuritaire avait été déployé dans le quartier du Plateau (centre-ville) qui abrite la présidence.
Six militaires et un assaillant sont morts dans une attaque lancée lundi par des inconnus contre le camp militaire d'Akouédo, dans le nord d'Abidjan, au lendemain de la mort de quatre soldats dans deux assauts dans le quartier ouest de Yopougon.
Le ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko a accusé des miliciens et militaires "nostalgiques" de l'ex-président Laurent Gbagbo, lors d'un entretien mardi sur Radio France Internationale (RFI).
Il a estimé que "tout a été ordonné" par des militaires pro-Gbagbo depuis le Ghana voisin, où ont trouvé refuge des civils et soldats partisans de l'ex-président après la crise postélectorale (décembre 2010-avril 2011) ayant fait 3.000 morts.
"Harcèlement"
"Il y avait une complicité" dans le camp d'Akouédo, a assuré Hamed Bakayoko, sans plus de détails, affirmant que les assaillants visaient un "harcèlement" du pouvoir à l'occasion de la fête nationale.
Le ministère de la Défense avait évoqué lundi soir des "actions de sabotage", mais s'était gardé de désigner des responsables.
Selon des observateurs, les violences pourraient aussi être le fait d'ex-combattants pro-Ouattara de la période de crise ou de supplétifs de l'armée mécontents de leur sort.
Sans répondre aux accusations du ministre de l'Intérieur, le parti de M. Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), a condamné "avec la plus grande énergie cette vague de violence meurtrière", jugeant que les attaques "ajoutent au climat d'insécurité généralisée".
Dans un communiqué, le FPI "exhorte le gouvernement à prendre toutes les mesures" pour arrêter ces criminels.
Dans un discours radiotélévisé lundi soir, M. Ouattara a menacé ceux qui entendent "créer une psychose", assuré que l'insécurité est désormais limitée à des "poches résiduelles" et affirmé que la réforme de l'armée, jugée balbutiante par beaucoup, est sur les rails.
Avant même les dernières violences, le principal allié de M. Ouattara, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), avait dénoncé la semaine dernière "un climat d'insécurité généralisée".Il avait mis en cause des éléments "incontrôlés" de l'armée et des supplétifs, et appelé à "accélérer" la réforme militaire.
Le Premier ministre Jeannot Ahoussou Kouadio, une personnalité du PDCI, a rejeté une déclaration "inopportune et inconvenante", "de nature à conforter les manoeuvres" de ceux qui cherchent à installer la peur, dans un communiqué publié mardi.
Par ailleurs, un substitut du procureur d'Abidjan, Noël Djè, a déclaré à l'AFP que son domicile avait été attaqué lundi, au même moment que le camp d'Akouédo alors qu'il se trouve loin de là, par "une cinquantaine d'hommes lourdement armés".
"Ils ont cassé une partie du bâtiment", a raconté le magistrat, indemne.Il a précisé que les assaillants le ciblaient et que l'attaque était "liée" au fait qu'il participe à l'enquête visant des personnalités pro-Gbagbo actuellement en détention.
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