Une tuerie fait 19 morts dans un temple du centre du Nigeria

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LAGOS (AFP) - (AFP)

Des hommes ont ouvert le feu lors d'un office dans un temple évangélique du centre du Nigeria, après y avoir coupé l'électricité, tuant le pasteur et dix-huit fidèles dans le dernier épisode en date des violences intercommunautaires qui secouent le pays le plus peuplé d'Afrique, ont annoncé mardi les autorités.

D'autres coups de feu entre l'armée et des assaillants ont été entendus mardi dans la principale rue commerçante d'Okene, la ville où l'attaque dans le temple a eu lieu lundi."Les soldats ont réussi à tuer deux hommes armés mais les autres se sont enfuis", a indiqué un habitant du quartier Abdul Omeiza.

"L'attaque (du temple) s'est produite à 20h20.L'attaque par des hommes armés inconnus a visé la Deeper Life Church.Ils assistaient à l'office normal de lundi soir lorsque le temple a été attaqué.Sur place nous avons vu quinze personnes mortes, dont le pasteur l'église", a déclaré le lieutenant-colonel Gabriel Olorunyomi, chef de la force militaire commune (JTF) de l'Etat de Kogi.

Il ne s'agit pas d'une "persécution des chrétiens par les musulmans", a assuré l'archevêque d'Abuja mardi sur les ondes de radio Vatican.

Selon Mgr John Onaiyekan, "l'unique logique" derrière l'action des islamistes de Boka Haram est qu'ils veulent "dresser les chrétiens contre les musulmans" et fomenter "un chaos généralisé, pensant qu'ils pourront peut-être ainsi mettre en oeuvre leurs projets".

"Les musulmans nigérians nous ont dit que (les terroristes) sont des personnes qui n'appartiennent pas à leurs rangs", a-t-il noté, en relevant que ces terroristes ont "attaqué aussi des mosquées".

Après l'attaque, quatre autres personnes ont succombé à leurs blessures, a précisé le lieutenant-colonel Olorunyomi, portant le bilan à 19 morts.

Un porte-parole de la police a indiqué pour sa part que le temple, situé dans la ville d'Okene, avait été attaquée par des inconnus pour des raisons non encore élucidées.

"Ils ont ouvert le feu et sont partis"

Avant de tirer, deux des trois assaillants ont cassé le générateur du bâtiment le plongeant ainsi dans le noir, a déclaré le porte-parole de la police Simon Ile.

"Ils sont entrés dans l'église, ils ont ouvert le feu et sont partis.Nous ignorons leurs mobiles à ce stade", a dit M. Ile.

L'attaque n'a pas été revendiquée.Situé au sud-ouest de la capitale Abuja, le Kogi a été relativement épargné jusqu'à présent par les violences des islamistes de Boko Haram.

Le groupe dont de nombreux membres viendraient du Kogi a revendiqué des dizaines d'attaques et attentats contre des églises du nord et du centre du pays qui ont fait des centaines de morts.

Un autre lieu de culte, une église d'Okene avait été visé par un attentat à la bombe le mois dernier, mais l'explosion n'avait pas fait de victimes.

En avril, l'armée avait déclaré avoir découvert une fabrique de bombes de Boko Haram dans la ville d'Ogaminana, dans le même Etat de Kogi.

Les insurgés s'en prennent aussi régulièrement à des représentants de l'Etat: police, armée notamment, et même à des responsables musulmans qu'ils accusent d'être trop proches de l'élite corrompue du Nigeria.

Dans une vidéo mise en ligne samedi, le chef présumé du groupe, Abubakar Shekau, a qualifié le président américain Barack Obama de "terroriste" après la décision de Washington de le placer sur la liste noire anti-terroriste des Etats-Unis.

Dans la même vidéo, le chef présumé de Boko Haram a demandé au président nigérian Goodluck Jonathan de démissionner et de se convertir à l'islam.

Dimanche, le président Jonathan a condamné le "chantage" d'Abubakar Shekau."Quand les Nigerians ont majoritairement voté pour le président Jonathan à l'élection présidentielle de 2011, ils savaient qu'ils élisaient un chrétien (...) En tant que président, M. Jonathan est le dirigeant des chrétiens et des musulmans", a souligné son porte-parole.

Pays le plus peuplé et premier producteur de brut d'Afrique, le Nigeria est divisé entre un Nord majoritairement musulman et un Sud à dominante chrétienne.

En juin, le président Jonathan avait accusé Boko Haram de viser les églises pour provoquer une crise et déstabiliser le gouvernement.

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