Afrique du Sud: situation tendue et toujours bloquée à la mine de Marikana

Infos. ...

MARIKANA (Afrique du Sud) (AFP) - (AFP)

Un face-à-face tendu entre autorités et mineurs grévistes s'est poursuivi mercredi toute la journée à la mine de Marikana (nord-ouest de l'Afrique du Sud), après l'éruption de violences intersyndicales qui ont fait dix morts depuis dimanche.

La mine de platine, exploitée par la société Lonmin près de la ville de Rustenburg, était toujours à l'arrêt.Près de 3.000 hommes étaient rassemblés sur une colline près du site, la plupart armés de bâtons, de barres de fer ou de machettes.

Pendant sept heures, la police et les représentants de Lonmin ont négocié avec les grévistes, qui réclament d'importantes augmentations de salaire, sans résultats.

"Nous n'irons nulle part, personne ne redescendra sous terre tant qu'on n'aura pas répondu à nos demandes.Nous voulons de l'argent", a déclaré aux journalistes Alfred Makhaya, l'un des grévistes, ulcéré que les "négociateurs" s'adressent aux mineurs par haut-parleurs depuis des voitures de police sans montrer leur visage.

Au coucher du soleil, la plupart des mineurs ont quitté la colline, mais certains sont restés occuper les lieux, scandant des slogans et ignorant les ordres de dispersions lancés par la police.

La majorité de ces grévistes vivent dans des taudis accolés à la mine, sans eau courante.Ils touchent environ 4.000 rands par mois (400 euros).

"Nous sommes exploités, ni le gouvernement ni les syndicats ne sont venus à notre aide", dit l'un d'eux, Thuso Masakeng, "les sociétés minières font de l'argent grâce à notre travail et on ne nous payent presque rien.Nous ne pouvons pas nous offrir une vie décente.Nous vivons comme des animaux à cause des salaires de misère".

Si Lonmin n'engage pas des négociations sérieuses, une nouvelle flambée de violence n'est pas à exclure, selon ce travailleur migrant venu de la province du Limpopo (nord).

Tués à la machette

Les incidents ont commencé vendredi lorsque des centaines de mineurs de fond ont lancé une grève sauvage.Certains, encouragés par le petit syndicat AMCU, réclamaient 12.500 rands par mois (1.250 euros), soit plus qu'un triplement de leur salaire actuel.

Des affrontements ont alors éclaté entre partisans de la puissante Union nationale des mineurs (NUM) et ceux de l'AMCU, une organisation née d'une dissidence de la NUM.

Dix personnes ont été tuées, certaines à coup de machettes.

L'AMCU a recruté en promettant de négocier d'énormes augmentations salariales, visiblement irréalistes.Sa campagne de recrutement a été décrite par de nombreux mineurs et responsables syndicaux comme frôlant souvent l'intimidation.

Le NUM, pour sa part, est l'un des piliers de la confédération syndicale Cosatu, associée au pouvoir au sein du gouvernement mené par le Congrès national africain (ANC).

Les deux syndicats affirment être les victimes de ces actes de violence.

La dernière victime en date est un homme retrouvé mort mardi à une centaine de mètres de la colline où les mineurs sont regroupés.Il était allongé sur le dos, le crâne d'un animal posé sur sa poitrine, selon l'agence de presse sud-africaine Sapa.

Lonmin, soupçonnée de n'avoir pas suffisamment protégé ses employés, a rejeté toutes les accusations: "Je ne connais aucune entreprise qui ait la compétence pour affronter des actes aussi pervers", a déclaré Barnard Mokwena, un porte-parole.

L'arrêt de la production porte un nouveau coup au secteur sud-africain du platine, déjà affecté par la crise.Le pays possède 87% des réserves mondiales de ce métal, notamment utilisé dans la fabrication des pots d'échappement catalytiques.

Le secteur minier est le plus grand employeur privé en Afrique du Sud, et possède l'une des populations actives les plus syndiquées dans le monde.

Newsletter

Restez informé ! Recevez des alertes pour être au courant de toutes les dernières actualités.
Réagir à cet article

L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.

En direct
Les rendez-vous santé
Nos applications
Facebook
Twitter
Instagram
Afrique du Sud: situation tendue et toujours bloquée à la mine de Marikana