Six Ivoiriens soupçonnés d'être impliqués dans l'attaque cette semaine d'un poste militaire dans l'Ouest ivoirien ont été arrêtés au Liberia dans une zone frontalière, a annoncé le gouvernement libérien, un ministre ayant précisé mercredi à l'AFP que deux d'entre eux étaient armés.
"Six dissidents ivoiriens ont été arrêtés par la force mixte" libérienne composée de l'armée, des services de l'Immigration et de la police, "ils fuyaient la Côte d'Ivoire pour le Liberia à cause de la récente attaque", a déclaré le ministre libérien de la Défense, Brownie Samukai, à la presse mardi soir à Monrovia.
Ils étaient détenus à Toe Town, ville de l'Est libérien proche de la frontière ivoirienne, et ont été transférés mercredi à la prison centrale de Zwedru, chef-lieu du comté de Grand Gedeh (est), a affirmé mercredi M. Samukai lors d'une nouvelle conférence de presse.
Selon lui, les six Ivoiriens, tous des civils, n'ont pas nié leur implication dans l'attaque qui a visé lundi le poste de l'armée ivoirienne de Pekambly, près de la frontière avec le Liberia.
Mercredi après-midi, le ministre libérien de l'Information Lewis Brown joint par l'AFP a précisé: "Ces six dissidents (...) ont traversé la frontière pour entrer au Liberia, en violation de la fermeture de la frontière" en vigueur.
"Deux d'entre eux ont traversé la frontière avec des armes, et nous avons échangé avec nos homologues en Côte d'Ivoire en leur expliquant les circonstances de ces arrestations", a ajouté M. Brown, sans plus de détails.
D'après le ministre de la Défense, le Liberia a "la preuve que les dissidents sont venus du territoire ivoirien, précisément de la région forestière de Bloléquin", proche de Touleupleu (ouest de la Côte d'Ivoire).
Le ministre Samukai a révélé l'identité des six hommes: "Komande Mohegan Valery, George Paul, Nioulé Ourogo Edouard, Nioulé Junior, Toué Toué Badison et Nioulé Frank".Il n'a toutefois pas souhaité fournir d'autres détails sur les circonstances de leurs arrestations ni s'exprimer sur d'éventuels liens entre eux et des individus ou groupes au Liberia, indiquant que les investigations étaient en cours.
D'après lui, le Liberia a entamé des discussions avec la Côte d'Ivoire sur une décision de faire juger les six hommes au Liberia ou de les remettre aux autorités ivoiriennes.Toutefois, a-t-il affirmé mercredi, "les autorités ivoiriennes n'ont pas encore demandé (leur) extradition".
Par ailleurs, sept autres Ivoiriens ayant fui au Liberia après l'assaut - cinq militaires, un policier et un civil - ont été placés en garde à vue dans le cadre des enquêtes ouvertes, a encore indiqué le ministre de la Défense."Ils seront libérés, parce qu'ils ont traversé la frontière simplement pour leur sécurité", a-t-il précisé mercredi soir.
Selon lui, les missions de l'ONU en Côte d'Ivoire et au Liberia (Onuci et Minul) ont déployé des hommes dans les zones frontalières autour du poste récemment attaqué, dans le cadre d'une surveillance commune.
Lundi, le gouvernement ivoirien avait indiqué que l'attaque de Pekambly a été menée par des hommes venus du Liberia et a fait un blessé parmi les militaires ivoiriens.Les autorités ivoiriennes ne se sont pas prononcées sur l'identité des assaillants, mais elles ont accusé des "miliciens" favorables à l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, et basés au Liberia, d'avoir mené des opérations dans la zone par le passé.
Meurtri durant la crise postélectorale en Côte d'Ivoire (décembre 2010-avril 2011) ayant fait quelque 3.000 morts, l'Ouest a connu une série d'opérations sanglantes ces derniers mois.Des attaques contre des villages du Sud-Ouest ivoirien ont fait une vingtaine de morts début juin, dont sept Casques bleus nigériens.Fin juillet, le Liberia a annoncé l'arrestation de quatre personnes soupçonnées d'être impliquées dans cette attaque de juin.
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