Le président mozambicain Armando Guebuza a plaidé vendredi pour le développement d'infrastructures en ouvrant le sommet annuel de la SADC, l'organisation de l'Afrique australe, s'inquiétant pour les crises qui pourraient mettre en péril l'intégration régionale.
Les quatre principaux points sur lesquels la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) devrait se pencher pendant deux jours sont Madagascar, la RD Congo (RDC), le Zimbabwe, et le conflit frontalier entre le Malawi et la Tanzanie.
"Nous sommes très préoccupés par la situation dans l'est de la République démocratique du Congo et nous apportons notre soutien au rétablissement de la paix dans ce pays qui fait partie de la SADC", a relevé M. Guebuza, dont le pays a pris vendredi la présidence tournante de l'organisation à l'Angola.
Une récente réunion à Kampala a évoqué l'envoi d'une "force neutre" dans l'est de la RDC où le mouvement rebelle M23 a pris les armes contre les autorités en avril, obligeant quelque 250.000 personnes à fuir les combats.
"Nous recherchons une solution pour le différend opposant la Tanzanie au Malawi" qui se disputent les eaux du lac Malawi où Lilongwe veut chercher du pétrole et du gaz, a ajouté le président mozambicain pendant la cérémonie d'ouverture.
"S'ils commencent à se battre, nous accueillerons les réfugiés", a plaisanté son homologue zambien Michael Sata, rappelant la tradition d'hospitalité de son pays qui avait accueilli les divers mouvements de libération de la région.
"Mais ils cessent visiblement le feu avant d'avoir même tiré le premier coup!", a-t-il ajouté.
"Ce qui se passe, c'est que nous devons discuter d'abord", lui a indirectement répondu la présidente malawite Joyce Banda.
"Des discussions ont lieu, des responsables de Tanzanie et des responsables du Malawi se rencontrent, ils se rencontreront à nouveau lundi, et je ne peux pas préjuger de leurs discussions", a-t-elle ajouté à l'AFP.
Concernant Madagascar, "continuons à promouvoir un dialogue amélioré pour faire avancer ce processus (...) afin qu'il y ait une confiance mutuelle entre les deux parties", a noté Armando Guebuza."Que pouvons-nous faire pour les faire parvenir à un consensus?"
L'ancien président malgache Marc Ravalomanana et l'actuel homme fort de la Grande Ile, Andry Rajoelina, ont été convoqués jeudi soir pour plaider leur cause devant la "troïka", l'organe de sécurité et défense de l'organisation.Ils devaient faire une apparition au sommet vendredi, a-t-on appris de sources diplomatiques.
La SADC, qui joue les médiateurs depuis le renversement du premier par le second lors d'une révolution en mars 2009, leur avait donné jusqu'à jeudi pour aplanir leurs différends, menaçant d'exclure le responsable d'un éventuel blocage du processus de réconciliation.
La situation n'a guère évolué, M. Rajoelina s'opposant au retour de son rival, qui a été condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité pour son rôle dans la mort de 36 manifestants abattus par sa garde lors des émeutes qui l'ont emporté.
M. Guebuza n'a pas évoqué la situation au Zimbabwe, où le processus patine pourtant, que le sommet devait également aborder.
Alors que les partis se sont mis d'accord en juillet sur un projet de Constitution --préalable à l'organisation d'élections--, le texte est désormais remis en cause par la Zanu-PF, le parti du président Robert Mugabe.
Mais l'homme fort de la SADC qui est aussi son médiateur dans la crise zimbabwéenne, le président sud-africain Jacob Zuma, a annoncé son départ de Maputo pour se rendre à la mine de Marikana, dans le nord-ouest de son pays, où des policiers ont tiré sur des mineurs grévistes jeudi faisant, selon un premier bilan officiel de 34 tués et 78 blessés.
Les infrastructures seront également à l'ordre du jour du sommet, avec sur la table un schéma régional de développement des équipements prévoyant 500 milliards de dollars d'investissements en quinze ans, dont 64,15 milliards d'ici 2017.
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