La société minière Lonmin a sommé dimanche les grévistes de Marikana de reprendre le travail lundi matin, sous peine de "possibles licenciements", trois jours après la fusillade qui a fait 34 morts sur ce site d'extraction de platine du nord de l'Afrique du Sud.
"L'ultimatum final a été repoussé au lundi 20 à la suite des événements de jeudi", indique Gillian Findlay, porte-parole de Lonmin dans un e-mail à l'AFP, "l'ultimatum final donne aux employés une dernière chance de reprendre le travail ou de s'exposer à un possible licenciement".
"Les employés pourraient être licenciés s'ils ne se conformaient pas à cet ultimatum", insiste le porte-parole.
Interrogés dans la matinée par l'AFP, des mineurs en grève ont déclaré qu'ils refuseraient de reprendre le travail par respect pour leurs 34 camarades tués par la police et si la direction ne répondait pas à leurs revendications salariales.
"S'attendre à ce que nous retournions au travail, c'est comme une insulte.Beaucoup de nos amis et collègues sont morts et on s'attendrait qu'on reprenne le travail, jamais", a dit un travailleur, Zachariah Mbewu, assurant qu'aucun de ses camarades ne se présenterait à son poste lundi.
"Il y a des gens en prison et à l'hopital.Demain, on retourne sur la montagne mais mais on ne descend pas dans la mine, à moins que les patrons nous donnent ce qu'on réclame", a-t-il ajouté.
La colline où a eu lieu la répression de jeudi est resté déserte dimanche.
La police était discrète près des logements de mineurs qui vaquaient à leurs occupations quotidiennes mais la colère restait vive.
"Nous attendons que la direction s'exprime.Demain nous ne reprendrons pas le travail s'ils n'écoutent pas nos exigences d'augmentation de salaire", a dit Fezile Magxaba, un contremaître de Marikana.
"Des gens sont morts.On est en colère.Si on reprenait le travail, ce serait comme s'ils étaient morts pour rien", a-t-il ajouté tout en faisant sa lessive à un robinet collectif.
L'intervention policière a fait 34 morts et 78 blessés selon la police qui a aussi arrêté 259 personnes.Une enquête doit déterminer exactement les circonstances du déclenchement de la fusillade.La police affirme avoir agi en état de légitime défense face à des mineurs armés d'armes blanches qui chargeaient.
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