Des assises sur l'amélioration du climat des affaires et des investissements en République démocratique du Congo (RDC) ont débuté lundi à Kinshasa pour aider à la poursuite des réformes, notamment en matière de fiscalité et de lutte contre la corruption.
La rencontre, qui se termine mercredi, a été mise en place par le ministre congolais du Plan, Célestin Vunabandi Kanyamihigo, qui préside par ailleurs le suivi du Comité de pilotage pour l'amélioration du climat des affaires.
Des diplomates ainsi que des représentants de la Banque Mondiale et de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) étaient présents à l'ouverture de ces assises.
Les efforts seront maintenus pour garantir un service public à même de "lutter effectivement contre les tracasseries, contre la corruption, qui privent l'Etat des moyens dont il a besoin et décourage les investisseurs potentiels", a affirmé le Premier ministre Augustin Matata Ponyo, dans son discours d'ouverture.
L'ancienne colonie belge occupe le 178e rang sur 183 pays dans le classement Doing Business 2012 de la Banque Mondiale, qui évalue par indices le climat des affaires.Soit deux places de moins que dans le classement de l'année précédente.
Par rapport au classement 2011, elle stagne notamment en matière de commerce transfrontalier (167e) et l'exécution des contrats (170e), et perd trois points (148e) dans la création d'entreprise, quatre points (174e) dans l'obtention de prêts, et deux points (155e) dans la protection des investisseurs.
"La RDC applique le taux d'impôts commerciaux le plus élevé au monde et il est l'un des pays les plus chers pour pratiquer le commerce transfrontalier", a expliqué l'ambassadeur de Grande-Bretagne Neil Wigan, avant d'interpeller les investisseurs étrangers.
Ils "doivent respecter les lois congolaises, contribuer aux recettes fiscales, et aider le développement des communautés où ils se trouvent.Ils doivent aussi respecter les obligations internationales", dont la transparence, la lutte contre la corruption, le respect des droits de l'Homme, a-t-il indiqué.
"Plusieurs services étatiques se présentent auprès des entreprises dans le cadre de l'accomplissement de leur présumée mission et prérogative: les uns en matière de contrôle économique administratif, d'autres en matière de contrôle fiscal", a pour sa part regretté Albert Yuma, président de la FEC.
D'après lui, ces visites "intempestives et mal coordonnées" sont assimilées à des "tracasseries"."Ici encore, la mesure du gouvernement interdisant l'immixion des services non autorisés dans le contrôle et le recouvrement des impôts, droits, taxes et redevances dues à l'Etat est tout simplement ignorée."
La Banque Mondiale a reconnu le long chemin qui reste à parcourir, tout en relevant "les réformes entreprises dans les secteurs stratégiques tels que l'agriculture, l'environnement, le secteur des mines, le transport et le commerce", ainsi que la réduction du temps pour créer et développer une société.
En septembre, la RDC sera adhérente au traité de l'Organisation pour l'harmonisation du droit des affaires en Afrique (Ohada).Il s'agit d'une "étape importante" et d'un "signal fort" du gouvernement pour "pallier particulièrement à l'inadaptation de notre droit des affaires", selon M. Matata Ponyo.
Bien appliqué, a-t-il ajouté, ce traité aidera la RDC à devenir "un pays où il sera bénéfique de faire effectivement des affaires, un pays où la fiscalité ne devra pas tuer les affaires, un pays où la sécurité juridique et judiciaire des investissements devront devenir une réalité vivante".
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