La libération en 2009 du Libyen Abdelbaset Megrahi, condamné pour l'attentat de Lockerbie, "était une erreur" selon l'actuel gouvernement britannique, a déclaré jeudi à Washington Nigel Sheinwald, l'ambassadeur de Grande-Bretagne aux Etats-Unis.
"Il est clair pour le nouveau gouvernement britannique que la libération de Megrahi était une erreur", a affirmé le diplomate dans un communiqué.
Sir Nigel cite ensuite le porte-parole du premier ministre David Cameron: "Le premier ministre avait dit à l'époque qu'il pensait que la décision de libérer Megrahi était mauvaise, et qu'il comprenait les inquiétudes qu'elle avait suscitées".
L'ambassadeur juge par ailleurs que les affirmations selon lesquelles le condamné avait été libéré suite à un accord pétrolier impliquant le groupe britannique BP ne sont "pas vraies".
M. Megrahi a été condamné en 2001 pour l'attentat à la bombe perpétré en 1988 contre un Boeing 747 au-dessus de la ville écossaise de Lockerbie, qui avait fait 270 morts.
La justice écossaise avait provoqué la colère des Etats-Unis en le libérant en 2009 au motif qu'il souffrait d'un cancer terminal, et pour lui permettre de "mourir en Libye".Mais le condamné pourrait vivre dix ans ou plus, a estimé début juillet le cancérologue qui lui avait prédit trois mois de survie.
En septembre 2009, le quotidien britannique The Times a rapporté que BP avait fait campagne auprès du ministre britannique de la Justice Jack Straw en 2007, peu de temps avant que ce dernier ne renonce à son intention d'exclure Megrahi de l'accord de transfert de prisonniers (PTA) alors en discussions entre Londres et Tripoli.
Selon plusieurs médias, BP a confirmé jeudi avoir fait la promotion de cet accord afin de sauvegarder un contrat d'exploration d'hydrocarbures au large de la Libye.
Des sénateurs américains avaient appelé mercredi BP à suspendre ses activités de forage en mer en Libye, jusqu'à ce que son rôle présumé dans l'affaire soit éclairci.
Londres "regrette profondément le tourment continu que la libération (de M. Megrahi) pour raisons humanitaires a causé aux familles des victimes tant au Royaume-Uni qu'aux Etats-Unis", écrit encore jeudi l'ambassadeur Sheinwald, précisant que la décision de libération appartenait exclusivement à "l'exécutif régional écossais".
Le diplomate appelle à "respecter l'indépendance de ce processus" et le fait que la procédure ne permet pas le réincarcération de M. Megrahi.
Philip Crowley, le porte-parole de la diplomatie américaine, interrogé un peu plus tôt lors de son point de presse quotidien, a indiqué jeudi accepter telle quelle l'affirmation de la justice écossaise selon laquelle la libération de Megrahi était intervenue pour raisons humanitaires, et non pour satisfaire BP.
"Nous avons pris ce que les autorités écossaises au pied de la lettre", a-t-il souligné, ajoutant: "nous avions dit catégoriquement que c'était une erreur, et c'est toujours ce que nous pensons aujourd'hui".
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