Le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) du président José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 1975, a clos mercredi sa campagne par un meeting géant devant des dizaines de milliers de personnes dans la périphérie de Luanda, et réclamé un nouveau mandat à deux jours des élections générales du 31 août.
Selon la nouvelle Constitution, le chef du parti vainqueur aux élections législatives devient président de la République.
Lors du dernier scrutin en 2008, le MPLA, avait remporté 81% des suffrages contre 10% pour l'Unita, première formation d'opposition.Le scrutin avait été jugé valide par les observateurs internationaux.
Cette année, l'Unita déplore l'absence d'observateurs européens, mais des observateurs africains seront bien présents vendredi.
Dès le début de la matinée, des centaines de bus de militants ont convergé vers le stade du 11 Novembre, construit à une trentaine de kilomètres de la capitale dans le nouveau quartier de Camama et inauguré fin 2009 pour la Coupe d'Afrique des Nations de football.
Le meeting a rassemblé une nuée de militants en fichus et tee-shirts pour les femmes, casquettes et chemises pour les hommes, le tout aux couleurs du MPLA, rouge, noir et or.
En attendant l'arrivée du président/ tête de liste, présenté comme le "candidat du peuple", les militants ont dansé et acclamé leur leader surnommé "Zédu".
"Nous savons quels sont les défis que l'Angola doit relever.Nous sommes un parti réaliste, pragmatique", a lancé le président dos Santos.
"Le MPLA étudie les problèmes, trouve des solutions, puis les explique aux Angolais", a-t-il dit assuré.
José Eduardo dos Santos, 70 ans, a souhaité que "chacun sente qu'il fait partie du grand projet visant à faire de l'Angola un pays prospère et démocratique".
Face à la foule, étaient réunis l'état-major du MPLA et le gouvernement, tous en tenue de militants, en casquette, chemises et écharpes du parti.
"Je suis ici car je souhaite que le gouvernement actuel reste au pouvoir.Il nous a apporté la paix et il développe notre pays, il faut continuer comme ça", a expliqué Lourenço Nunes, 42 ans, militant depuis plus de trente ans.
Le MPLA, au pouvoir depuis l'indépendance en 1975, a engagé depuis la fin de la guerre civile en 2002 une politique de reconstruction des infrastructures, financée par la manne pétrolière du pays.
"Le président José Eduardo dos Santos est le candidat des Angolais, il a construit des écoles et des hôpitaux ", a souligné Joao Limon, un étudiant de 22 ans.
Si l'espérance de vie est passée de 40 ans en 1980 à plus de 51 ans, la reconstruction n'a pas mis fin au chômage et à la pauvreté, près des deux tiers de la population vivant avec moins de 2 dollars par jour.
Pour répondre aux attentes sociales, le MPLA a fait campagne autour du slogan "croître davantage et mieux distribuer" en promettant un meilleur partage des richesses.
Pendant la campagne, le président angolais a effectué de nombreux voyages dans les différentes provinces.Il a promis de continuer à développer le pays et à garantir l'unité nationale, inaugurant au passage plusieurs grands équipements.
Dans le même temps, son numéro deux et possible successeur, l'ex-patron de la compagnie pétrolière Sonangol Manuel Vicente, s'est chargé de critiquer lors d'autres meetings la faiblesse de l'Unita.
Surfant sur l'actuel vent de contestation, le principal parti de l'opposition entend pourtant incarner le changement et lutter contre les inégalités.
Son président, Isaias Samakuva, espère que le vote de vendredi fera oublier la sévère déroute de 2008 et permettra de rassembler un parti traversé par des divisions.
Un troisième homme s'est invité dans cette campagne.Abel Chivukuvuku, longtemps cadre de l'Unita, mène un tout nouveau parti d'opposition, appelé Casa (Convergence ample de sauvetage de l'Angola).Renvoyant dos-à-dos le MPLA et l'Unita, il rencontre un grand succès auprès des jeunes mais manque d'implantation.
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