La responsable de l'ONU en charge des droits de l'Homme, Mme Navi Pillay, s'est déclarée jeudi "profondément troublée" par les exécutions de prisonniers condamnés à mort en Gambie, marquant "un recul regrettable pour la protection des droits de l'Homme", selon ses services.
Mme Pillay "a indiqué (...) qu'elle était profondément troublée de voir que, après 27 ans sans aucune exécution officielle, neuf condamnés à mort ont été tués par un peloton d'exécution", ce qui est "un recul regrettable pour la protection des droits de l'Homme dans le pays", affirme le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme dans un communiqué reçu par l'AFP à Dakar.
"La Gambie a été, pendant près de trois décennies, parmi le nombre croissant d'Etats qui n'appliquent pas la peine capitale jusqu'à ce soudain, grave et regrettable changement", déclare Mme Pillay, citée dans le communiqué.
Dans un message à la Nation diffusé les 19 et 20 août, le président gambien Yahya Jammeh avait déclaré que tous les prisonniers dans le couloir de la mort dans son pays seraient exécutés avant mi-septembre, sans plus de détails.
Le 27 août, le gouvernement gambien a annoncé que neuf des détenus, dont une femme, avaient été fusillés la veille, en assurant que toutes les peines prononcées par la justice gambienne seront appliquées "à la lettre, y compris les peines de mort".Selon des ONG dont Amnesty International, 38 prisonniers dans le couloir de la mort sont actuellement sous menace d'exécution imminente en Gambie.
Pour Navi Pillay, la déclaration du président Jammeh "est extrêmement préoccupante, et pose de sérieuses questions sur les motivations derrière ce soudain empressement à procéder à des exécutions".
"J'exhorte le président et les autorités compétentes de Gambie à prendre en compte tous les appels lancés au gouvernement (gambien) aux plans international, régional et local à ne pas procéder à de nouvelles exécutions", déclare-t-elle encore.
"J'exhorte la Gambie à arrêter cette régression dans la protection des droits de l'Homme et d'imposer un moratoire officiel, avec effet immédiat, sur l'utilisation de la peine de mort", poursuit-elle, en évoquant par ailleurs des "préoccupations majeures" concernant l'équité des procès de certains des prisonniers condamnés à mort en Gambie.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.