Les Angolais ont voté dans le calme vendredi, pour la troisième fois depuis l'indépendance du pays en 1975, pour des élections générales dont devrait sortir vainqueur, sauf immense surprise, le MPLA du président sortant José Eduardo Dos Santos.
Les premiers bureaux ont fermé à 18H00 (17H00 GMT).La Commission nationale électorale (CNE) a annoncé dans la soirée que certains bureaux avaient dû rester ouverts plus tard et qu'elle serait en mesure de donner les premières tendances samedi.
Les résultats définitifs doivent être connus la semaine prochaine.
Le chef du parti vainqueur deviendra automatiquement président de la République pour cinq ans, en vertu de la nouvelle Constitution adoptée en 2010.
Le président dos Santos, au pouvoir depuis près de trente-trois ans, part grand favori du scrutin, malgré les attaques de l'opposition qui lui reproche de ne pas répartir la manne pétrolière ayant enrichi le pays.
En dépit des risques de fraude dénoncés par l'opposition -qui s'inquiétait aussi de l'omniprésence du parti dominant dans les médias publics-, les électeurs rencontrés par l'AFP semblaient optimistes et confiants dans la possibilité de faire entendre leur voix.
José Eduardo Dos Santos, président sortant et candidat du MPLA, a demandé aux Angolais de lui faire à nouveau confiance, promettant de poursuivre la reconstruction d'un pays dévasté par une guerre civile qui a duré de 1975 à 2002.
"J'appelle tous les Angolais à exercer leur droit de vote, comme je viens de le faire, afin de développer notre démocratie", a-t-il déclaré après avoir voté dans la matinée à Luanda, se disant satisfait du déroulement du scrutin.
José Eduardo dos Santos, qui a fêté ses 70 ans mardi, a fait de la présidence une institution toute puissante, dominant la vie politique et économique de l'Angola, deuxième producteur de pétrole d'Afrique derrière le Nigeria.
Son parti avait remporté 81% des voix en 2008.
Le bureau politique du MPLA a fait savoir vendredi soir qu'il accepterait "le résultat dicté par le peuple, quel qu'il soit, issu du vote libre, conscient et responsable exercé dans tout le pays".
"Je suis content d'exercer mon devoir de citoyen malgré notre insatisfaction sur la transparence du processus", a lancé le principal adversaire de José Eduardo Dos Santos, le président de l'Unita Isaias Samakuva, en glissant son bulletin dans l'urne.
Ce dernier, âgé de 66 ans, a promis d'établir une "véritable démocratie" dans le pays.
Redoutant une manipulation du vote par le pouvoir, l'Unita fait pression depuis janvier pour qu'il soit mis fin à certaines irrégularités, mais a continué de dénoncer des dysfonctionnements, notamment une composition fantaisiste des listes électorales.
"Il y a beaucoup de gens à qui l'on refuse le vote parce que leur nom ne figure pas sur les listes", a témoigné Elias Isaac, membre d'une ONG sud-africaine qui observe les élections.
La CNE a reconnu vendredi soir quelques petits soucis logistiques ponctuels, qui ont été vite réglés selon elle.
L'organisation du scrutin a été "satisfaisante" et l'état d'esprit des électeurs "bon", a estimé dans l'après-midi le chef de la mission d'observation de l'Union africaine (UA), Pedro Verona Pires.
"Nous avons visité plusieurs bureaux de vote dans différents quartiers de la capitale et discuté avec les scrutateurs sur place", a expliqué à l'AFP l'ancien président cap-verdien.
L'un des enjeux du scrutin sera le score du nouvel acteur qui a fait son apparition dans le jeu politique angolais en mars dernier, bousculant le traditionnel duel entre MPLA et Unita : Abel Chivukuvuku, un ancien cadre de l'Unita, a créé un parti d'opposition rassemblant des déçus des deux camps ainsi que des personnalités de la société civile.
Populaire auprès des jeunes, le nouveau parti, baptisé Casa (Large convergence pour le salut de l'Angola), n'a cependant qu'une faible implantation.
La pauvreté et les inégalités croissantes entre riches et pauvres ont nourri la campagne de l'opposition.Bien que le pays se soit enrichi grâce à l'"or noir", l'Unita affirme que la manne pétrolière bénéficie exclusivement à une élite, alors que 55% de la population vit dans la misère.
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