Afrique du Sud: les grévistes de Marikana manifestent, les négociations reprennent

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MARIKANA (Afrique du Sud) (AFP) - (AFP)

Plusieurs milliers de grévistes ont manifesté mercredi à la mine de Marikana (nord), alors qu'on repris les pourparlers devant mettre fin à ce conflit qui a fait 44 morts et empoisonne le climat politique et social en Afrique du Sud depuis près d'un mois.

La police, qui avait renforcé son dispositif autour de cette mine de platine exploitée par le groupe britannique Lonmin, a estimé à plus de 3.000 le nombre de manifestants, qui après une marche de plusieurs kilomètres ont organisé un sit-in sur une route d'accès à l'un des puits.

"On veut rappeler à nos collègues qui travaillent qu'ils ne sont pas supposés travailler", a menacé un gréviste, alors que seuls 4,2% des 28.000 salariés du site étaient à leur poste mercredi.

"Lonmin doit filer le pognon ou fermer", proclamait l'une des pancartes.

Le directeur de la mine Jan Thirion a expliqué que des représentants des manifestants s'étaient montrés menaçants, et qu'il lui avaient dit que "si nous ne partons pas d'ici 13H00 (11H00 GMT), ils viendront et incendieront le puits, mettront le feu aux voitures et nous tueront".

"Nous voulons parler de paix, et ils veulent parler de guerre!", a-t-il déploré devant des journalistes.

L'évêque méthodiste de Johannesburg Paul Verryn, présent sur place, a jugé la situation à nouveau "très tendue" et "facilement susceptible d'exploser en une seconde".

A l'heure dite, les manifestants se sont toutefois retirés dans le calme, a constaté l'AFP.

Les 3.000 foreurs de Marikana, en grève depuis le 10 août, disent toucher 4.500 rands par mois (45O euros) et en réclament 12.550.Lonmin, qui exploite la mine de platine, affirme qu'ils en touchent déjà près de 10.000 (bruts) en comptant diverses allocations, auxquels s'ajoutent des primes de rendement.

Le groupe britannique insiste sur le retour au travail avant d'engager toute discussion, ce qu'il appelle l'"accord de paix".Il veut aussi que les mineurs abandonnent leurs armes traditionnelles, lances et machettes.

Une vingtaine de manifestants exhibaient le portrait d'un des mineurs, martyr tué lors de la fusillade de la police qui a fait 34 morts et 78 blessés le 16 août.

Des survivants achevés par la police

Ils ont expliqué avoir été choqués en apprenant sa mort alors qu'il avait quitté les lieux avec seulement une blessure à la jambe.

"Nous pensons que la police l'a terminé.Nous le considérons comme un héros comme Chris Hani", a expliqué leur représentant Xolani Mzuzu, se référant au dirigeant communiste sud-africain assassiné en 1993.

La fusillade de Marikana a bouleversé le monde entier, rappelant les mauvais souvenirs de l'apartheid.

De nouveaux témoignages sont venus battre en brèche mercredi la position de la police qui avait expliqué avoir agi en état de légitime défense, alors que des échauffourées avaient déjà fait dix morts --dont deux policiers-- dans les jours précédents.

Des mineurs arrêtés après la fusillade et libérés lundi ont raconté comment les forces de l'ordre avaient poursuivi, isolé et achevé des survivants, renforçant des accusations déjà proférées ces derniers jours.

Les négociations associant la direction, des syndicats et une délégation de grévistes ont entre-temps repris à Rustenburg, à une trentaine de kilomètres de là, sous l'égide du ministère du Travail.

"Nous sommes à la croisée des chemins.On va vers un accord ou une impasse", a indiqué à l'AFP Gideon du Plessis, secrétaire général du syndicat Solidarity, partie prenante aux discussions et qui représente surtout l'encadrement.

"Si les travailleurs insistent pour avoir 12.500 rands comme un minimum absolu, on aura une impasse", a-t-il ajouté.

Le groupe Lonmin n'aurait alors pas d'autre choix que d'entamer des procédures disciplinaires ou de licenciement.

"Nous avons pris l'engagement clair de négocier les questions de fond", a pour sa part répété Lonmin dans un communiqué.Avant de rappeler que "cela doit avoir lieu dans le cadre approprié."

Aucune information n'avait filtré sur ces pourparlers à 14h00 GMT.

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