Fusillade au Mali : l'émissaire arrivé en Mauritanie, les corps des victimes attendus

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NOUAKCHOTT (AFP) - (AFP)

Le ministre malien des Affaires étrangères Tièman Coulibaly est arrivé mardi soir à Nouakchott pour tenter d'apaiser la colère en Mauritanie après que des soldats maliens ont abattu au moins huit Mauritaniens dans des circonstances troubles.

Son arrivée précède de quelques heures celle des dépouilles mortelles des Mauritaniens tués au Mali, qui doivent arriver par un vol spécial vers 02H00 du matin mercredi, selon une source aéronautique mauritanienne, qui n'était pas en mesure de préciser le nombre de corps attendus.

Dans la nuit de samedi à dimanche, l'armée malienne a tiré sur un véhicule, croyant avoir affaire à des islamistes, et faisant 16 morts, 8 Maliens et 8 Mauritaniens, selon Bamako.Le gouvernement mauritanien a dénoncé un "assassinat collectif injustifiable", les victimes étant des "prédicateurs musulmans désarmés", selon lui.

Tièman Coulibaly est sorti de l'avion peu après 19H00 (locales et GMT) et a été accueilli par son homologue mauritanien Hamadi Ould Hamadi, a constaté un journaliste de l'AFP.Il s'est refusé à toute déclaration.

Il sera reçu mercredi par le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, a indiqué un diplomate mauritanien, sans donner plus de détails sur son programme.

M. Coulibaly, initialement annoncé plus tôt en Mauritanie, a tardé à s'y rendre faute d'avion disponible, d'après un responsable malien.

Selon le gouvernement malien, le ministre doit exprimer "de vive voix" aux autorités mauritaniennes "la compassion et les regrets" du Mali après la fusillade survenue à Diabali, dans le centre du Mali.

Nouakchott n'a pas donné de bilan mais des sources non-officielles ont évoqué entre dix et douze Mauritaniens décédés, un chiffre plus élevé que celui donné par le Mali.

Bamako avait annoncé l'envoi de son émissaire dans un communiqué dimanche, dans lequel il exprimait déjà de profonds regrets et annonçait une enquête, en promettant d'en partager les résultats avec les autorités mauritaniennes.

Un gendarme malien a affirmé à l'AFP que des enquêteurs officiels se sont rendus lundi dans la zone de la fusillade, en commençant à Niono, chef lieu du département qui abrite Diabali.De même source, la "mission nationale" d'enquête, attendue sur le site des évènements, "est composée de gendarmes, de militaires et de civils".

Cette affaire a créé un réel malaise entre le Mali et la Mauritanie, partageant plus de 2.200 km de frontières et tous deux en proie à des activités de groupes islamistes armés, dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Dans un communiqué au ton peu diplomatique diffusé dans la nuit de dimanche à lundi, Nouakchott avait exigé "une enquête indépendante".Des Mauritaniens en colère ont manifesté dans leur pays contre la fusillade.

Trois jours après la fusillade, plusieurs questions demeuraient sans réponses.

Elle s'est déroulée à environ 400 kilomètres au nord-est de Bamako, très au sud de la limite des zones contrôlées depuis plus de cinq mois par plusieurs groupes islamistes armés, dont Ansar Dine et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), alliés d'Aqmi.

Selon diverses sources maliennes, l'armée a tiré, de nuit, sur le véhicule de présumés islamistes ayant refusé d'obtempérer, ce qui, selon une des sources, a poussé l'armée à les traiter "comme des ennemis".L'une d'elles avait précisé qu'il s'agissait de membres de la secte Dawa, originaire du Pakistan et présente dans plusieurs pays du Sahel.

Dans des déclarations lundi à l'AFP à Bamako, un militaire malien a parlé d'une "erreur" de l'armée, en refusant toutefois de parler de bavure, thèse évoquée par certains en privé au Mali.

La fusillade s'est produite dans un contexte de nervosité et de suspicion au Mali et huit jours après la prise par le Mujao d'une nouvelle ville, Douentza (région de Mopti, centre), proche du Nord.

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