Nord du Nigeria: deux morts dans une attaque kamikaze contre une église

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KANO (Nigeria) (AFP) - (AFP)

Au moins deux personnes, une femme et un garçon de huit ans, ont été tuées dimanche et quarante blessées dans une attaque kamikaze visant une église catholique dans l'Etat de Bauchi, dans le nord du Nigeria, a indiqué la Croix-Rouge.

L'attentat suicide perpétré à Bauchi, capitale de l'Etat du même nom, n'a pas été revendiqué mais il rappelle de précédentes attaques menées par le groupe islamiste radical Boko Haram, considéré comme responsable de la mort de plus de 1.400 personnes depuis 2010 dans le nord et le centre du Nigeria.

L'assaillant visait l'église catholique St John de la ville de Bauchi où de strictes mesures de sécurité avaient été mises en place après une série d'attentats à la bombe contre des églises par Boko Haram.

Les fidèles étaient en train d'être contrôlés devant l'église lorsque le kamikaze s'est approché vers 09H00 locales (08H00 GMT), fonçant avec son Opel Vectra dans la foule qui attendait de pouvoir assister à la messe, a déclaré le porte-parole de la police de l'Etat de Bauchi Mohammad Hassan.

"Nous avons trois morts au total --le poseur de bombe, une femme et un enfant.Quarante-huit autres personnes ont été grièvement blessées dans l'explosion", a précisé le responsable de la Croix-Rouge de l'Etat de Bauchi Adamu Abubakar. 

L'attentat a eu lieu dans le secteur de Wunti à Bauchi qui a été la cible d'attaques dans le passé par Boko Haram.

Le 3 juin dernier, un kamikaze avait tenté de faire exploser une voiture piégée dans une église de Bauchi, tuant au moins quinze personnes et faisant des dizaines de blessés à proximité.L'attentat avait été revendiqué ultérieurement par Boko Haram.

Les attaques contre des églises chrétiennes le dimanche au moment de la messe étaient quasi hebdomadaires durant les premiers mois de cette année mais les violences ont diminué ces dernières semaines.

Boko Haram a déclaré vouloir instaurer un Etat islamique dans le nord du Nigeria, à majorité musulmane, mais ses revendications ont beaucoup varié depuis qu'il a relancé l'insurrection en 2010.

Couvre-feu de 24 heures à Yobe 

Quelques heures auparavant, samedi soir, un couvre-feu de 24 heures avait été décrété dans l'Etat voisin de Yobe (nord-est) où le groupe Boko Haram a souvent commis des attentats et où les forces nigérianes ont lancé une opération contre lui, a-t-on appris dimanche de source militaire. 

"Un couvre-feu de 24 heures a été imposé à Damaturu et à Potiskum par le gouvernement de l'Etat (de Yobe) pour nettoyer l'Etat des terroristes", a déclaré le porte-parole de l'armée à Yobe, le lieutenant Lazarus Eli.

"Les habitants des deux villes doivent rester chez eux jusqu'à nouvel ordre pour permettre aux forces de sécurité de capturer les terroristes de Boko Haram", a-t-il ajouté.

Vingt-cinq militants présumés du groupe islamiste ont été arrêtés après des échanges de tirs avec l'armée qui ont éclaté après l'annonce du couvre-feu dans le secteur de Sabon Fegi, à Damaturu, l'un des fiefs du groupe Boko Haram, a indiqué M. Eli. 

Une grande quantité d'armes, dont des Kalachnikov et des lance-roquettes multiples, a été saisie, selon la même source.

Des habitants ont indiqué avoir entendu des explosions et des tirs dans le secteur.

M. Eli a rejeté les accusations de certains habitants selon lequelles les soldats auraient infligé des mauvaient traitement à des civils durant l'opération.

Les ONG de défense des droits de l'homme ont accusé de manière répétée les forces nigérianes de commettre des actes de violences contre la population lors de leurs raids contre Boko Haram.

Le Nigeria, pays le plus peuplé et premier producteur de pétrole brut d'Afrique, est divisé entre un Nord à majorité musulmane et un Sud à dominante chrétienne.

L'armée avait annoncé lundi avoir tué le porte-parole présumé de Boko Haram qui se présentait sous le nom d'Abul Qaqa et un autre haut responsable du groupe près de Kano, la plus grande ville du nord du Nigeria.

Trois dirigeants du groupe figurent sur la liste noire des terroristes établie par les Etats-Unis mais Washington a toujours refusé d'y inscrire le groupe Boko Haram au motif que ses objectifs sont surtout nigérians.

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