Khartoum et Juba paraphent des accords qui ne règlent pas des problèmes clés

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ADDIS ABEBA (AFP) - (AFP)

Khartoum et Juba ont paraphé jeudi une série d'accords de sécurité et de coopération, conclus dans la nuit après quatre jours de discussions au sommet à Addis Abeba, qui ne règlent toutefois pas les très sensibles questions du statut de la zone contestée d'Abyei ni de la démarcation de leur frontière.

"Aujourd'hui est un grand jour dans l'histoire de notre région et en particulier du Soudan et du Soudan du Sud; nous assistons à la signature de l'accord de coopération qui met un terme à un long conflit entre nos deux pays", a déclaré Salva Kiir à l'issue de la cérémonie de signature, en présence de son homologue soudanais Omar el-Béchir.

M. Kiir a "remercié (son) frère Omar el-Béchir pour sa coopération tout au long des négociations", en référence aux quatre jours pendant lesquels les deux présidents ont négocié face-à-face.

Intervenant ensuite à la tribune, M. el-Béchir a pour sa part qualifié M. Kiir de "partenaire pour la paix" et a évoqué "une occasion historique" offerte par la signature de ces accords.

"Nous sommes résolus à honorer ce que nous avons signé (....) au nom de la paix et de la stabilité de nos deux peuples", a assuré le président soudanais.

M. Kiir a toutefois estimé "très malheureux" que "nous n'ayons pu nous mettre d'accord" sur le statut d'Abyei, région grande comme le Liban, en rejetant la faute sur l'intransigeance de Khartoum.

Sans répondre directement à son homologue, M. el-Béchir s'est engagé à "continuer avec le même esprit à chercher des solutions pour les questions non résolues encore en suspens, à savoir Abyei".

Les questions du statut de la zone contestée d'Abyei et de la démarcation de la frontière entre les deux pays sont en suspens depuis l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011, et elles ont conduit au printemps les deux voisins au bord de la guerre.

La série d'accords signés "va permettre à chaque Etat de se développer, particulièrement avec la coopération de l'autre, pour aboutir à deux Etats viables", a assuré en ouvrant la cérémonie Barney Afako, conseiller juridique du Groupe de mise en oeuvre de haut niveau de l'Union africaine.

Le ministre soudanais de la Défense, Abdel Rahim Mohammed Hussein, et son homologue sud-soudanais, John Kong Nyuon, ont d'abord signé un "accord sur des mesures de sécurité" à leur frontière commune, comprenant selon M. Afako la mise en place d'un "mécanisme politique et de sécurité conjoint" et d'une "zone frontalière démilitarisée en cours d'activation".

Les deux chefs de délégation - Idriss Abdel Gadir pour le Soudan et Pagan Amum pour le Soudan du Sud - ont ensuite signé un "Accord post-sécession" concernant le statut des ressortissants de chacun des deux Etats sur le territoire de l'autre, et des accords commerciaux, notamment sur le pétrole.

Les deux présidents ont ensuite signé un "Accord de coopération" entre les deux pays, avant de se serrer la main.

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